Tout Roule !

Tout Roule ! C'est quoi ? C’est l’histoire d’une famille qui décide de quitter un an sa vie quotidienne pour découvrir l’Europe à vélo. Tout roule, c’est le tout baigne du plagiste, c’est le tout schuss du skieur, c’est pour se souhaiter de vivre une aventure simple, joyeuse et riche. Alors oui, si on vous demande comment on va , vous pouvez répondre : TOUT ROULE !

« This is Serbia my friend » c’est ce que nous a répondu Dejan, un pêcheur qui campait comme nous le long du Danube un soir après nous avoir vu déplacer le lampadaire qui gênait les filles pour s’endormir.

« Vous croyez qu’on peut faire ça ?

– Bien sûr, ici c’est la Serbie mon ami ! »

Ici c’est la Serbie mon ami, ce pays qui galope à marche forcée dans la modernisation mais qui garde encore des traditions séculaires. Deux extrêmes qui donnent parfois le tournis mais qui finalement en font le charme. Petit florilège de cette première moitié de traversée jusqu’à notre arrivée à Belgrade.

Une fois la présentation des passeports faite devant le douanier nous voici donc au pays du fameux Nikola Tesla (on aurait pu dire aussi Novak Djokovic). Dès les premiers kilomètres on sent la bienveillance et la gentillesse des gens ici : coups de Klaxons sur la route et coucous aux enfants. Premier changement : l’alphabet ! Maintenant on passe à l’écriture slave, Yougoslavie signifie littéralement Slave du Sud. C’est à s’y perdre sur la carte et ça complique la lecture du GPS. Pas la peine d’essayer de lire le nom des villes, impossible pour nous de soupçonner la prononciation.

On est rapidement surpris par la profusion de chiens qui maintenant ne sont plus toujours attachés et se baladent en liberté dans les bourgs et lézardent au soleil.

Après une première nuit de camping sur le terrain de foot de Bezdan nous arrivons chez Mirko à Apatin qui est en train de terminer les travaux de jardinage de son camping avant de fermer pour l’hiver. On partage un goulash savoureux ensemble le soir avec sa femme Maria quand nous sommes interrompus par des sortes de hurlements qui évoquent plus le chant du loup …. Encore des chiens nous demandons ….. non des chacals ! Nous vérifions le soir sur Google un peu effrayés l’absence de risque qu’ils représentent. Cette nuit-là nous serons bercés par un mélange de cris de chacals, d’aboiements et de musique serbe traditionnelle jusqu’à l’aube que le voisin de Mirko passe en boucle à ses poules pour qu’elles pondent plus. Puis, à Bogojevo, nous installons notre tente dans la cour arrière d’un café. C’est là que nous rencontrons donc Dejan, qui le lendemain matin amène Jean-Baptiste et Maxime faire un petit tour de barque sur le Danube au lever du jour.

Nous poursuivons la traversée de la Voïvodine entre petits bourgs un peu tristounes et grandes étapes de pédalage seuls au monde. Souvent on retrouve la digue construite à l’époque soviétique qui a changé la vie des habitants ici, avant les débordements du Danube rendaient la vie des gens impossible.

À Backo Novo Selo on campe devant l’hôtel du village et on nous donne gratuitement la clé d’une chambre pour aller prendre une douche. Puis a Bačka Palanka on dort cette fois-ci sur la plage aménagée le long du Danube. En face c’est la Croatie.

On retrouve ici, par certains détails, un peu de la vie plus rustique que vivaient nos grands parents. Ces bourgs traversés par la grand route avec de chaque côté un genre de grande douve dans lesquelles on fait tomber les gouttières des maisons. Partout dans les petits cafés et dans les maisons on se chauffe au poêle à bois. Dans les villages, ça sent le feu de cheminée.
Ici on redonne un coup de jeune aux pneus de voiture usés en les vulcanisant. Très fort tabagisme : on fume dans les restaurants et les cafés, et absence totale de tri des ordures. Les bords de route font souvent office de poubelles. Jamais de casque à moto ou en vélo.

Les filles deviennent de vrais aventurières, l’autre jour, France a proposé de récupérer des plumes sur un poulet préparé pour être mangé pour les mettre dans le sac de couchage ou dans la doudoune.

Nous arrivons à Novi Sad où Milos et Vojka nous hébergent chez eux. Les filles sont contentes de trouver des nouvelles copines et toute la famille apprécie de dormir une nuit au chaud à l’intérieur. Nous sommes accueillis avec de délicieuses pâtisseries salées et sucrées cuisinées par Vojka. On goutte aussi des sarmas faits maison : sorte de paupiettes de choux saumurées farcies de riz et de viandes qui mijotent. Délicieux ! C’est aussi grâce à eux que l’on comprend que l’Ajvar ne se mange pas, comme nous l’avions préparé, chaud en sauce avec des pâtes et de la viande mais est bien un condiment qui s’étale sur du pain. Le lendemain, Vojka se lève à 5h pour nous préparer de délicieux gâteaux traditionnels pour le petit-déjeuner avant de partir travailler.

Novi Sad a été, il y a quelques années, endeuillée par l’effondrement du toit de la gare. Accident, qui après enquête se révèle être lié à un vaste système de corruption. La colère de la population a donné lieu à la formation d’un parti politique dit parti des étudiants qui a en premier lieu demandé la conduite d’élections législatives anticipées. Ce sont ces élections qui auront lieu dans quelques jours et il y a de la tension entre les partis. On nous recommande d’être vigilants.

On reprend la route et ça monte ! Passage de jolis villages dans les vignobles et nous arrivons à Surduk, camping à la ferme puis Belgrade.

L’arrivée à Belgrade est rock car il n’y a finalement pas beaucoup d’options pour rejoindre le centre. On se retrouve donc rapidement à longer une nationale étroite qu’on partage avec d’énormes camions, bus et voitures. Puis ce sont les bouchons : il faut alors zigzaguer entre les voitures et slalomer entre les gens qui sortent des bus pour avancer plus vite. Sur la route, Dušan nous arrête pour nous offrir un carton entier de goûters pour les filles. Il a 4 enfants et nous a repéré un peu plus haut. On est obligés d’en refuser une partie, tout ne rentre pas dans les sacoches.
Belgrade de prime abord n’est pas une ville musée comme les capitales vues avant. Ici on casse on reconstruit sans grande unité. On arrive soulagés à l’appartement loué pour quelques jours.

Bezdan et Sombor

Apatin, camping de Myrko et Maria

Bogojevo et Dejan, notre voisin pêcheur

Camping devant l’hôtel à Backo Novo Selo

Camping sauvage à Bačka Palanka avec vue sur la Croatie puis courses à Čelarevo

Quelques km avant Novi Sad

Novi Sad

Sremski Karlovci

Surduk, Belegiš, Stari Banovci

Arrivée à Belgrade

Posted in

Votre commentaire