Nous sommes arrivés à Plymouth le lundi 20 avril au soir. Une journée d’acclimatation, de lessive et d’école et c’est parti pour notre aventure au pays de Shakespeare et de Dua Lipa. Une première semaine à travers le Devon comme un enchantement : petites routes de campagne sous le soleil, paysages de cartes postales avec grandes prairies vallonnées parsemées de moutons, régulièrement petits manoirs ou cottages cossus super bien entretenus comme dans Raison et Sentiments, on se croit dans le monde de Jane Austen. On n’avance pas vite, justement parce que dans le Devon ce n’est jamais plat, jamais des grosses montées ni des grosses descentes mais toujours quelque chose. Comme pour les cottages, les filles jouent à donner des petits sobriquets aux montées : on a la côte « routale » (route partagée avec des voiture), la côte sandwich (quand les parents vous promettent le pique nique en haut de la côte), la côte inutile (lorsque la descente qui suit équivaut à la montée qui vient d’être faite), et bien sûr la côte de la mort qui à la fin s’appelle la côte de la mort qui tue. Nous avons aussi la descente frisquette (celle qui donne froid parce que ça va trop vite). Ça joue pas mal des vitesses et ça déraille aussi . Quand les montées sont trop hard il faut pousser les vélos à plusieurs, à pieds (celles-ci se prénomment la côte manuelle) et là ça râle, mais beaucoup moins qu’au début du voyage. Les filles s’adaptent très bien à ces nouvelles contraintes. Dans l’ensemble on fait des sorties de 20-25 km par jour car ces côtes que nous devons monter à pieds ralentissent le rythme.
C’est marrant, car au final nous ne sommes pas si loin de la Bretagne, climat et nature sont assez similaires et pourtant ici tout est différent : on roule à gauche, on compte en miles, on paye en livre sterling, des supermarchés organisés complètement différemment pour vendre bien sûr des trucs différents, il ne faut pas oublier d’allumer l’interrupteur en face de la prise si on veut que ça marche… Comme dans un thé, lentement, on infuse ce nouveau style de vie et par le voyage en vélo ça se fait tranquillement mais au coeur du sujet. Le porridge débarque au petit déjeuner et Maxime (il n’y a qu’elle !) apprécie les fruits en gelée. Il faut absolument parler de Warmshowers car cette application nous a permis de faire des supers rencontres : le principe est simple, cette application met en relation des cyclovoyageurs, on localise sur l’application un membre sur notre route, on se présente et on lui demande s’il est possible de poser notre tente dans son jardin et si on peut utiliser les toilettes et prendre une douche chaude évidemment ! Merci donc à tous ces bons samaritains qui nous ont ouvert la porte de chez eux. Très souvent, on nous offre bien plus, un dîner tout prêt, un petit dej le lendemain et même une fois une balade en voiture au coucher du soleil au sommet du Dartmoor, ce magnifique parc national montagneux que nous n’aurions pas pu monter à vélo avec notre troupe. Mais encore donner des conseils et aider à réparer la béquille d’un des tandems ! Une opportunité extraordinaire de voir comment les anglais vivent chez eux et comment ce qui nous semble saugrenu à priori, est en fait bien sensé. Bon, on n’a toujours pas compris pourquoi il y a une bassine énorme qui occupe toute la place de l’évier de la cuisine… En tous cas c’est certain que lorsqu’on sera rentrés chez nous, notre maison sera the place to be a « Warmshowers ».
Après Plymouth, nous avons donc fait plusieurs étapes : Ivybridge, Ashburton 2 nuits, Heathfield puis Clyst St Mary chez Emily, la plus francophone et francophile des anglaises que Cécile connaît depuis ses 12 ans. Quelques jours de repos et nous repartirons pour Londres !
Enfin, n’oublions pas les belles richesses culinaires de l’Angleterre : flapjacks, cheesecake, banoffee pie, scones, jacket potatoes, goulash, beans dans une sauce tomate sucrée… D’ailleurs on se demande si nos km à vélo suffisent à consommer l’énergie de toutes ces généreuses gourmandises anglaises.














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