Tout Roule !

Tout Roule ! C'est quoi ? C’est l’histoire d’une famille qui décide de quitter un an sa vie quotidienne pour découvrir l’Europe à vélo. Tout roule, c’est le tout baigne du plagiste, c’est le tout schuss du skieur, c’est pour se souhaiter de vivre une aventure simple, joyeuse et riche. Alors oui, si on vous demande comment on va , vous pouvez répondre : TOUT ROULE !

Jean-Baptiste et Cécile (les parents) et leurs 5 filles : Jeanne 12 ans, Raphaëlle 10 ans, Joséphine 8 ans, France 6 ans, Maxime 3 ans.

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Göteborg est une grande ville étudiante dont le souvenir le plus marquant restera l’auberge de jeunesse. Les filles sont au spectacle devant ces backpackers aux looks variés, aux habitudes alimentaires et au rythme qui ne sont pas ceux que papa et maman nous font suivre. Il faut écrire son nom sur la bouteille de lait dans le frigo collectif et France doit apprendre à ne pas utiliser toute la cuisine pour faire sa vaisselle. N’empêche, ils sont trop cool ces jeunes avec leurs tatouages et leurs fringues vintages et c’est stylé de prendre du beurre de cacahouète au petit dej sur sa waza. Entre les hipsters végétariens vegan et les musclés fashion adeptes du régime hyper protéinés on a un éventail large. 

Puis on repart vers le sud et si un jour on vous demande combien font 4 et 4 vous avez le droit de répondre Kattegattleden. Car c’est le nom de la voie cyclable qui relie Göteborg à Helsingbørg. On parle de 390 km de piste cyclable aménagée que nous aurons engloutis en 2 semaines. Pas de quoi triompher c’est absolument plat, la piste est parfaite et elle suit un littoral de grandes plages de sable. En route, on croise différents types de voyageurs : le couple de mignons en Gravel, des familles (les premières depuis le début du voyage), des retraités à vélo électriques en groupe, le père et son fils ado. En fait dès le premier jour on croise plus de voyageurs à vélo que depuis plusieurs mois réunis. Alors on se salue et on se fait des coups de sonnette. Échanges de sourire c’est l’esprit vélo.

Finalement au niveau paysage c’est un peu comme la Bretagne : autant au Nord de Göteborg on avait plutôt une côte dentelée avec du relief et des tas de petites îles autant la partie Sud est plutôt plate avec grandes plages de sables blancs. 

On arrive donc à se baigner régulièrement et la mer est moins froide qu’en Bretagne !

À cette période de l’année le gros rendez vous c’est le départ des oiseaux migrateurs qui prennent la route du Sud pour passer l’hiver et elles sont belles ces oies qui volent en faisant des V. Le peuple migrateur de Jacques Perrin. On s’imaginerait bien partir avec elles car pour nous aussi il est temps de descendre pour garder la chaleur mais nous ne sommes pas Nils Holgersson alors il nous faut donner des coups de pédales. 

Une autre rencontre étonnante ce sont les lièvres qui le soir tournent autour de la tente. Gros comme des chiens ! On se demande si on ne délire pas mais ils sont bien réels ! 

Planning assez bien rodé donc pour cette fin de séjour Suédois entre quelques baignades-vélo-campings-café aussi pour un goûter bien mérité où Jeanne cherche toujours son cheese-cake. Les autres sont moins exclusives : carrot cake ou gâteau au chocolat. Papa s’occupe de toute façon de finir les assiettes. 

Un soir à Laxvik on dort dans un petit camping tenu depuis 4 générations : déjà en 1919 des gens campaient là l’été et il y a des photos ! Les styles de camping changent mais les arbres, la vue sur la mer et même le corps de ferme sont restés les mêmes. Les hommes passent dans un monde qui lui n’a pas la même échelle de temps. J’ai lu un jour que l’onde qui fait la houle est depuis des millénaires la même et s’auto-entretient indéfiniment ce qui permet de dire que les vagues qu’on voit aujourd’hui sont les même que celles qui poussaient Christophe Colomb vers l’Amérique.

Un soir seulement, entre Ranarp et Lervik, on aura pu faire du camping sauvage dans un petit bois rempli de panneaux nous interdisant de le faire. Curieux pour un pays qui met en avant sa fameuse loi Allemansrätten c’est à dire celle qui autorise un droit de libre accès à la nature. Au final ce soir là c’était 15 tentes : un vrai camping sauvage quoi !

Les choses ont-elles changé depuis notre passage dans ce pays il y a 18 ans ? En tout cas, de façon générale et contrairement aux autres pays de la Scandinavie : la Suède nous donne l’impression d’être tombée dans une obsession sécuritaire avec caméras partout, panneau précisant les limites des propriétés et rappels à la loi souvent affichés. Dans tous les commerces et les bâtiments publics à la sortie il y a une toise avec un code couleur qui est dans l’axe de la caméra de vidéo surveillance. Ainsi, en cas d’infraction ou de vol la police est plus vite informée de la taille approximative du suspect à chercher. Aussi deux fois, on nous rappelle de payer tout de suite de peur qu’on parte avec les vélos comme des voleurs. Dans ce contexte, on voit mal comment cette liberté au camping sauvage peu perdurer longtemps. 

Arrivés à Helsingbørg il faut prendre un bateau pour retourner au Danemark (les ponts entre les 2 pays sont interdits aux vélos) et là on débarque à Helsingør.

Visite du château d’Helsingør où Shakespeare fait se dérouler Hamlet et où l’exposition sur le train de vie du roi Frédérick II nous amuse bien : quel bambocheur ! La mode à sa cour était d’être le plus saoul possible, c’était la classe ! Des repas gargantuesques, de la musique et des jeux … pépère s’amusait même à se déguiser en reine. Et c’est vrai que les Danois sont bon vivants, ça n’échappe pas à Joséphine qui note que les terrasses sont bondées. On rigole, on fête la fin de l’été. Beaucoup plus spontanément on vient vers nous pour nous demander ce qu’on fait avec toute cette cargaison de vélos, de sacs et de gosses.

Sur la route, un dernier shelter à Nivå, en souvenir de notre passage au début de l’été. C’est une biche qui nous attend devant comme pour nous souhaiter la bienvenue. Mais les journées sont plus courtes maintenant, désormais le repas et la vaisselle se font à la frontale.

Et puis enfin, c’est la capitale København ! 5 nuits pour se poser, faire des machines, de l’école, acheter ce qui manque et réparer. Ça fait du bien ! Ici c’est la Mecque du vélo citadin, sans aucun doute. Vous avez un réseau super avec au carrefour des petites rampes devant les feux pour vous tenir sans être obligés de mettre pied à terre. Si des camions doivent se garer ou des travaux sont en cours c’est sur la route-voiture qu’on empiète pas sur la piste cyclable. Ici le It Bike n’est plus le vélo 3 roues avec une caisse à l’avant (démodé) non le must have c’est l’Omnium…. Il y en a partout ! Et si votre pneu avant peut être bleu plutôt que noir alors là vous cochez toute les cases. N’oubliez pas le code si vous tournez en indiquant avec la main (ça tout le monde connaît) mais si vous freinez ou souhaitez vous arrêter alors il faut faire le salut indien 🖐️.

Passage par Christiania, le quartier baba cool où il semble que les hippies soient en voie de disparition. 

Visite inspirante de la maison de Finn Juhl architecte visionnaire qui en 1940 dessinait maisons et objets comme c’était la mode dans les années 80. Attenant, le musée Ordrupgaard où est exposée une magnifique collection de peintures françaises : Renoir, Degas, Guillaumin, Pissarro, Gauguin, Monet …

Surtout flâner, profiter …. Profiter pour faire de l’école. Et le jour de la rentrée des classes, pour soigner le blues des copines et de notre vie en France : journée à Tivoli. Sorte de mélange baroque où attractions dernier cri cohabitent avec théâtre de guignol et vieux manèges d’époque.

Depuis le premier Mai de cette année, à l’initiative de l’Union Européenne et pour encourager les projets de trains transfrontaliers, une nouvelle ligne de chemin de fer a été inaugurée reliant Copenhague à Prague. Une aubaine pour nous car c’est un moyen simple pour gagner du sud et de la chaleur. D’ailleurs, la météo grise et froide qui arrive en ce moment au Danemark nous conforte dans cette décision.

Problème : pas assez de place pour les vélos des filles … on rentre donc avec 7 places pour nous mais que 2 places vélos (il en manque donc 3). On a bien raison de ne pas rentrer confiants car la contrôleuse nous vire sans ménagement dès la première gare en banlieue de Copenhague. Impossible pour elle d’accepter nos gros vélos qui n’ont pas une taille « réglementaire ». Aucune discussion n’est possible c’est elle la cheffe, point barre. Nous voilà débarqués à midi dans une banlieue anonyme un peu assommés…. Vite on se ressaisit et entrons dans un autre train pour Nykøbing puis 25 km vélo dans la foulée pour rejoindre Gedser. Il est tard et il pleut, la nuit tombe, beaucoup de vent, un docker nous propose de dormir dans la gare maritime. Nous qui pensions dormir le soir à Prague nous voilà sous une tente de fortune faite avec les bancs entre le guichet automatique et les toilettes publiques, il y a des jours comme ça. Le lendemain ferry pour Rostock en Allemagne puis pédalage vers la gare où on loupe à 5 minutes le train pour Berlin. Il y a de l’orage maintenant mais il fait chaud ! On finit par rentrer dans le train suivant. A Berlin, on attrape le dernier train pour Prague qui n’est autre que le Copenhague -Prague, c’est à dire le train dont on a été virés la veille ! Le comble c’est que dans cette histoire jamais aucun contrôleur ne nous aura refait de réflexion et encore moins sortis du train. Donc nous arrivons à Prague à minuit avec un jour de retard et finalement tout ne roule pas si mal que ça. Ainsi ce sera terminée notre aventure scandinave. Cap maintenant sur l’Europe centrale. Bonne rentrée à tous ! Et merci pour vos messages chaleureux, on a de la chance de vous connaître 😃❤️

Gøteborg et après …

Kattegattleden

Réserve naturelle de Grimsholmen

Tylösand Beach

Laxvik

Camping sauvage et rencontre avec une famille allemande

Château d’Helsingør

Shelter Nivå et crevaison

Copenhague

Tivoli

Maison Finn Juhl et musée Ordrupgaard

Gare de Copenhague, Gare maritime de Gedser, Arrivée à Rostock, Train pour Berlin et Train pour Prague …

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