Tout Roule !

Tout Roule ! C'est quoi ? C’est l’histoire d’une famille qui décide de quitter un an sa vie quotidienne pour découvrir l’Europe à vélo. Tout roule, c’est le tout baigne du plagiste, c’est le tout schuss du skieur, c’est pour se souhaiter de vivre une aventure simple, joyeuse et riche. Alors oui, si on vous demande comment on va , vous pouvez répondre : TOUT ROULE !

Jean-Baptiste et Cécile (les parents) et leurs 5 filles : Jeanne 12 ans, Raphaëlle 10 ans, Joséphine 8 ans, France 6 ans, Maxime 3 ans.

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Nous voici donc rentrés en Scandinavie par le royaume du Danemark et pour une entrée en la matière nous ne sommes pas déçus !

La météo capricieuse des dernières semaines a laissé place à un temps d’abord juste ensoleillé pour carrément devenir un temps d’été ! On a beau savoir que ce n’est pas normal, pour nous  cyclistes ça change tout ! On a maintenant un beau bronzage avec les marques du cuissard et aux pieds avec les marques des birkenstocks. Ici finalement il n’y aura eu qu’une journée de grosse chaleur limitée à 31 degrés ce qui est loin de la canicule passée dans le reste de l’Europe.

L’étape de quelques jours dans la maison de Bo et Agnete à Ullerup aura d’abord permis de recharger les batteries. Une maison danoise a des fenêtres qui s’ouvrent toujours vers l’extérieur et leur fermeture se fait avec un système de crochets à l’usage assez pratique. On a aussi souvent un mât dans le jardin où flotte le drapeau rouge et blanc ce qui nous interroge avec les enfants sur la notion de patriotisme : quelles seraient les réactions si nous décidions de faire pareil en France avec un drapeau tricolore ? Pourtant, l’autre soir devant le match France-Norvège les filles étaient bien contentes de narguer les autres spectateurs  tous norvégiens et en très nette supériorité numérique. Liberté Egalité Dembele.

Cette fois-ci c’est Jeanne puis France à nouveau qui ont perdu des dents. Le scorbut guette la famille Dagorne ce qui est étonnant vu le volume astronomique de framboises, mûres, fraises et myrtilles qui sont mangées à tous les repas.

Depuis notre arrivée au Danemark, du changement dans nos  habitudes de camping : le Shelter ! Les filles adorent mais il leur aura fallu et à nous aussi un petit temps d’adaptation. Comme dirait Jeanne : « genre en mode, on va pas se mentir, c’est crazy » ! Les Danois ont gardé de leurs ancêtres, les Vikings, un goût prononcé pour la vie en pleine nature, la chasse et les feux de camp. Le Shelter est une sorte de cabane en bois assez grande (on rentre tout juste à 7 dedans) mais complètement ouverte sur l’extérieur. Devant on trouve un emplacement pour faire du feu et une grille pour faire à manger. C’est gratuit, parfois payant mais jamais cher. Il y en a partout, ça se localise via une application dédiée comme un géocache et c’est vraiment sympa 😊. Ça n’a plus rien à voir avec le camping de vacances. Un peu comme une initiation au camping sauvage, ce qui est parfaitement ce qu’il nous fallait pour nous lancer. Parfois il y a de l’eau et dans ce cas pour les plus téméraires c’est douche avec des gourdes et casseroles d’eau froide au coin du feu. Parfois des toilettes sèches. C’est toujours isolé et souvent devant des paysages de nature bien jolis au coucher du soleil comme au réveil. Le rituel est maintenant bien rôdé, comme dans Dr Quinn avec Sully :  d’abord lancer le feu, installer les sacs de couchage, ranger les chevaux à deux roues, puis faire à manger et cuire la viande au barbecue sur le feu pour aller avec le repas. Parfois au dessert chamallows grillés qui ici sont beaucoup moins sucrés et se mangent fondus entre 2 petits gâteaux secs. Ensuite, quand les enfants sont couchés on veille un peu au coin du feu et c’est toujours très apaisant. Depuis qu’on est arrivés au Danemark on suit cette routine presque tous les soirs et c’est un ravissement.

Niveau géographique on a vraiment vu des paysages plutôt variés et toujours assez vallonnés ce qui rend la balade plus intéressante mais aussi plus sportive. Dans le Fyn, il y a la mer partout (d’un bleu glace unique) donc des îles mais aussi des bois et des champs. Incroyable l’odeur de fraises quand on passe devant des parcelles, bien plus sympa que devant les champs de choux. Après avoir passé deux nuits sur l’île d’Aerø nous avons longé la côté sud du Fyn par Svendborg, Aborg et Middelfart. Puis on quitte le Fyn pour arriver dans le Jylland via un pont qui surplombe la rencontre de la mer Baltique et de la mer du Nord. Petit à petit la mer laisse place à la campagne à perte de vue. La remontée vers le Nord, que l’on suit en passant par Vejle, Billund (stop oblige à Legoland), Hampen, Viborg est tellement rustique et peu habitée qu’il faut bien réfléchir aux stops et aux supermarchés au risque de se retrouver à court de nourriture (ou alors il va falloir nous mettre à la chasse). Dans nos sacoches pour 7, il nous est difficile de transporter plus que 24h de repas. Depuis 2 soirs nous sommes à Farsø dans un camping où les propriétaires nous permettent de passer un moment Hygge, terme danois qui n’a pas de traduction française et qui signifie partager entre amis ou famille un temps de bien-être et convivialité dans une atmosphère chaleureuse.

Les Danois sont assez peu nombreux ce qui explique peut être leur fort attachement à la terre et la nature. Dans les maisons, on voit souvent des trophées de chasse, des animaux empaillés. A l’occasion d’un succulent dîner chez Barbara et Per on apprend qu’on peut chasser à l’arc (même un ours !) et comment les chevaux ont aussi leurs caractères, vivent ensemble et comment se passent les naissances. Tak ! ( ça veut dire merci ).

Ce profond attachement à la nature et à la terre va aussi avec un fort attachement aux traditions : La Saint Hans (Saint Jean) est l’occasion pour les voisins de se rassembler autour d’un grand feu pour fêter le solstice d’été (tout est l’occasion de faire un feu au Danemark) et chanter une chanson. Aussi et ça nous aura suivi tous ces derniers jours, il faut raconter que les lycéens ici célèbrent l’équivalent du bac dès la sortie de la dernière épreuve (en fait un contrôle continu valide l’examen bien avant et cette épreuve est un oral) avec leurs familles en portant une curieuse casquette blanche brodée à leurs noms. Un peu comme une casquette d’officier de marine. La semaine qui suit (la semaine passée pour nous) toutes ces bandes circulent tout autour du Danemark dans des camions avec la musique à fond et ce qu’il faut de bière. Bien sûr il y a le chauffeur qui évite les accidents (un papa ou un grand-frère, on suppose). Alors on entend régulièrement les camions passer autour de nous pendant nos trajets à vélo. Ça met l’ambiance !

Évidemment on retrouve au Danemark la générosité qui nous accompagne depuis le début de notre voyage. Certains Danois ont installé des shelters dans leur jardin pour accueillir et rencontrer des campeurs. C’est le cas d’Allan qui emmène Jean-Baptiste et Jeanne en voiture faire des courses avant que l’on reparte à vélo car il n’y a pas de supermarché sur notre route. Il y a aussi Henrik qui vient nous livrer et nous offrir gratuitement un matelas gonflable dans notre Shelter du jour quand ça fait 3 jours que Jean-Baptiste dort sur un matelas à plat… La solidarité entre campeurs est très forte.

Une autre rencontre qui nous aura marqué est celle d’une famille française de Chantilly, venue comme nous à Legoland pour le bonheur de leurs enfants. Amélie, Matthieu et leurs 3 garçons voyagent à vélo avec le même vélo que nous, un pino. Quel bonheur d’échanger avec eux ! On ressort avec des bons conseils pour le chargement de nos sacoches sur notre pino. Plus de poids à l’avant, moins à l’arrière donc plus d’inertie et un centre de gravité plus bas. Le vélo n’avance pas encore tout seul mais presque… Et comme nous, ils n’ont pas encore trouvé la solution pour que leur garçon de 7 ans assis à l’avant aide au pédalage du parent à l’arrière qui désespère de faire avancer cette grosse Bertha solo…

Traverser le Danemark à vélo nous aura peut-être aidé à mieux comprendre la production artistique de ce pays :  la musique lancinante et analogique d’Agnès Obel ou le cinéma du dogme. D’ailleurs on retrouve nos lycéens à la fin du film Drunk dont la chanson phare lançait de façon obsédante : what a life …. Quelle vie en effet !

Ullerup chez Bo et Agnete

Sur la route d’Aerø

Aerø, Aerøskobing, Svendborg, Fäborg

Crevaison

Shelters et autres

Legoland, Maxime chez Peppa, des Français en Pino

Bamboche

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