Nous vous avions laissĂ©s Ă Clyst St Mary oĂč nous venions dâarriver chez Emily pour quelques jours de repos et dâĂ©cole. Lâoccasion dâarrĂȘter la vie nomade, complĂštement dĂ©faire les sacoches, se poser. Pas Ă©vident, car Ă 7 on prend de la place ! Ralph, le chien dâEmily, est un peu dĂ©concertĂ© par cette marĂ©e de candidates qui se bagarrent pour aller le promener. A moins de 5 km de Clyst St Mary, se trouve Topsham, trĂšs joli village au bord de la riviĂšre Exe, que nous connaissons bien car c’est lĂ que vivent les parents d’Emily, Sandy & Anthony. Tony et son flegme lĂ©gendaire. Le mĂȘme que celui qui faisait dire Ă Stanley : « Docteur Livingstone je prĂ©sume ?». Passer du temps comme ça dans un pays, câest aussi sentir gĂ©nĂ©ralement certains aspects de la sociĂ©tĂ©. C’est vrai quâil  y a du comique et de lâautodĂ©rision ici. Le pub en face de chez Emily titre en façade : « le meilleur pub avec un jardin du village » (c’est le seul pub du village).
Jeudi 30 avril, il est temps de repartir, toujours une mission de rĂ©ussir Ă regrouper toutes les affaires et toutes les filles sans y passer pour autant la journĂ©e … car mine de rien il y a aussi des km Ă faire. Michael, d’Ashburton nous voyant Ćuvrer en ce sens a dĂ©crit cette scĂšne par : « Herding cats », rassembler des chats. Le Cambridge Dictionary traduit cette expression anglaise par : dĂ©crit quelque chose d’extrĂȘmement difficile Ă faire…
Nous quittons donc le Devon pour le Somerset, il y a de moins en moins de cĂŽtes. Mais pour autant, il ne fallait pas que ça soit trop facile alors d’autres pĂ©ripĂ©ties nous attendent. Le premier jour, quelques km avant notre arrivĂ©e Ă Meadow Farm (entre Willand et Wellington), la roue arriĂšre du vĂ©lo de Jean-Baptiste crĂšve. Paul et Annie dĂ©cident alors de nous rejoindre en voiture pour allĂ©ger le vĂ©lo et assurer les derniers km avant de pouvoir faire une vrai rĂ©paration.
Le lendemain, nous arrivons Ă Taunton oĂč Josh, le rĂ©parateur de vĂ©lo, nous fait passer en prioritĂ© pour ne pas retarder notre Ă©tape du jour et rĂ©parer les roulements de la roue arriĂšre.
Le troisiĂšme jour, nous rĂ©alisons les 20 derniers km sous la pluie, journĂ©e difficile. Au dĂ©tour dâun chemin trop Ă©troit qui longe un petit canal, JosĂ©phine loupe un virage et tombe dans la riviĂšre : vĂ©lo Ă moitiĂ© dans lâeau, le pied aussi. De toute façon on est dĂ©jĂ complĂštement trempĂ©s. A peine arrivĂ©s, dĂ©goulinants et dans les pleurs chez Lucy et Bryan Ă Catcott, nos vĂȘtements sont dĂ©jĂ Ă©tendus sur des cintres au dessus du poĂȘle dans la cuisine et un chocolat brĂ»lant est servi aux filles. Les sourires reviennent vites.
On pourrait comme ça multiplier les anecdotes qui toutes sont de vrais bons moments dâĂ©change et de gĂ©nĂ©rosi-thĂ©. Je pense Ă la confiture dâAnnie qui nous suit encore, Ă Michael et son chien Merlot et aussi Tom et Cherry de Wells avec qui on a passĂ© une soirĂ©e dĂ©licieuse, nos enfants accroupis dans la cuisine pour manger car il nây avait plus assez de chaise. Ils nous racontent cette annĂ©e au cours de laquelle ils sont partis de Singapour en tandem pour rentrer en Angleterre. Le lendemain matin, Thomas dĂ©pose en voiture nos sacoches au sommet de la cĂŽte qui se trouve Ă 4 km de chez eux pour nous permettre de monter plus lĂ©gers !
C’est vrai que lorsqu’on arrive chez tous ces gens qui nous accueillent, trĂšs vite on parle de « french invasion ». Notre famille est grande, on prend de la place dans les jardins avec nos deux tentes, dans les cuisines oĂč souvent la table est trop petite pour tous nous asseoir. On est touchĂ©s par tous ces gens qui nous ouvrent grand leur porte et sont prĂȘts Ă tout pour nous aider.
En vĂ©lo on avance lentement, les arrivĂ©es se gagnent : au dĂ©tour dâun virage, au sommet dâune colline  on voit au loin le clochĂ© dâun village ou les maisons dâune ville qui seront notre stop et câest toujours avec fiertĂ© quâon arrive le soir. On pense Ă Wells, la plus petite ville d’Angleterre, oĂč se dresse d’un coup une Ă©norme cathĂ©drale au milieu du vert. Hier on est arrivĂ©s Ă Bath aprĂšs avoir suivi une ancienne voie ferrĂ©e reconvertie en piste cyclable. Nombreux Ă©cureuils sur la route qui comme les fleurs Ă souffler (pissenlits) font le bonheur de France et Maxime. Incroyable final par un tunnel de 2 km dans le noir total ! Les filles sont surexcitĂ©es. Ici dĂ©jĂ les romains prenaient des bains dans les sources chaudes naturelles. Will we take a bath in Bath ?















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