Le temps passe vite ! Déjà 3 mois ! On traîne un peu à vous donner des nouvelles alors que le lot des découvertes est toujours aussi soutenu. N’attendons pas d’avantage et rembobinons jusque-là où nous en étions au dernier épisode.
Nous vous avions laissés au Danemark vers Farsø en pleine remontée vers le Nord. Cette fois-ci plutôt que suivre les voies recommandées on décide de faire la route « maison » en fonction de ce que nous inspire la carte. Bilan des courses le souvenir d’une expérience solitaire : pas un chat sur les routes, dans les bourgs, aux shelters ou dans les campings. Paysages de champs où le blé est toujours en herbe et ou le vent le fait onduler comme une houle.
Un soir grosse tempête : rafales impressionnantes à 70 km/h (35 noeuds) avec pluie. On attend au fond du sac de couchage sans réussir à dormir. Les filles, elles, écrasent. Dès les premières heures du jour démontage dans l’urgence. Constat sans appel : la tente est trempée, elle est percée, des sardines ont volé dans la nuit et sont perdues, les arceaux qui font la charpente sont sérieusement voilés. On décide de tenter de partir malgré le vent dans le nez qui reste fort : refus d’obstacle. Au bout d’une heure on fait demi tour pour revenir au point de départ. C’est bien la première fois de notre vie qu’on va plus vite dans la montée-retour, poussés par le vent, que dans la descente-aller. Belle leçon d’humilité : « dans la vie on ne perd jamais, on réussit ou on apprend » disait Nelson Mandela.
L’arrivée sur la côte Nord nous réjouit on voit du monde et changement de décor : maintenant les maisons, toujours en bois, sont plutôt peintes en noir, de plein pied et complètement camouflées dans un paysage de dunes. Grandes baies qui laissent entrevoir des intérieurs cosy comme nous raconte les magazines de déco.
On retrouve la mer et ça fait du bien. Un après-midi, entre Blokhus et Løkken, la route nous fait carrément rouler sur le sable le long du rivage et là, ça n’est pas à cause de nous qui recommençons à inventer la route. C’est une vraie option routière. D’ailleurs on croise de nombreuses voitures qui suivent le même chemin sur le sable. L’occasion peut-être d’expérimenter la fonction 4×4 des SUV.
Original, entre 2 dunes types Sahara, on monte dans le phare de Rubjerg Knude. On aura vraiment vu pleins de paysages différents au Danemark.
À Hirtshals, dernier stop Danois où nous prendrons le ferry pour la Norvège, on rencontre par hasard Angelo qui vit sur son vélo depuis 5 ans et a déjà fait 45000 km. Alors le soir, les filles et nous prenons une belle leçon de vie à écouter les conseils et anecdotes de ce vieux boucanier philosophe. L’année dernière Angelo a passé 11 mois en Islande à vélo, il y a donc traversé toutes les saisons !
La vérité c’est que toute la famille est très impatiente d’arriver en Norvège car jamais pays ne nous aura été autant encensé depuis la préparation de ce voyage. Nous ne sommes pas les seuls cyclistes à être impatients sur le quai pour rentrer dans le bateau. Il y a aussi ceux que les filles ont pris l’habitude d’appeler « les gars du cap nord « . Ce sont des cyclo-voyageurs souvent seuls, avec des vélos de gravel impeccables, un paquetage minimal et une tenue fashion qui visent le nord de la Norvège depuis un peu partout en Europe et se retrouvent concentrés là. Des gars qui sont capables d’avaler plus de 150 km par jour et pour certains jusqu’à 200 ! Discussions amusantes et joyeuses mais qui rappelle le mariage de la carpe et du lapin. Petite pensée pour Arthur, si tu nous lis, on espère que tu as trouvé une solution et pu rejoindre le cap Nord malgré ta carte d’identité perdue.
Arrivée donc à Larvik pour un démarrage tonitruant : d’abord il fait super chaud ! Plus qu’au Danemark. Et surtout c’est très montagneux ce qui risque de nous obliger à faire des choix. On repense au Devon, les cuisses recommencent à chauffer mais ça devient une évidence : plus c’est dur plus c’est beau. Parce que, oui on confirme : qu’est-ce que c’est beau la Norvège. La nature est imposante et les Norvégiens aiment ça vivre en extérieur, ils passent leur temps à faire du sport dehors : rando, vélo, ski à roulettes…
Ensuite les norvégiens qualifiés pour le mondial sont super sympas. On passe 2 nuits à Granholmen, sorte d’île de Bréhat géante avec des tas de petits cailloux sur lesquels sont parfois construits de petites maisons de bois qu’on appelle cabines. Le patron, amateur de foot, nous ouvre la cafétéria pour regarder le quart de final des bleus. Ici, les gens attendent avec impatience le match des Norvégiens et quand, quelques jours plus tard ils seront éliminés rien n’aura changé à leur bonhomie : on reste supporter dans les bons comme dans les mauvais moments.
Joséphine : « Nous avons visité la maison de Munch (cabane jaune) où nous avons pu pique-niquer« .
Au hasard d’une pause à Åsgårdstrand, on s’arrête, en effet, dans le jardin de la maison de Munch, rencontre intéressante avec une guide qui nous fait visiter la petite cabane où vivait une partie de l’année cet artiste original qui est célèbre pour son tableau Le Cri.
La Norvège est un vrai pays de montagnards habitués aux conditions hostiles, les phares des voitures ne suffisent pas, souvent sont rajoutés des phares au milieu, pare-buffles et grosses motorisations plutôt électriques. Ici il n’y a plus de shelter, peu de Warmshower, quelques campings. Le camping sauvage est autorisé : on peut dormir légalement n’importe où à condition d’être à plus de 150 mètres d’une habitation ce qui n’est pas très dur à trouver. Nous voilà donc partis pour une série de campings sauvages jusqu’à Oslo où un Airbnb et les grands-parents nous attendent pour passer 8 jours avec nous. Baignade quotidienne.
À Oslo on laisse les enfants pour passer 24 h en amoureux dans le monde de Julie en 12 chapitres.
Visite du musée du Fram où on retrouve les traces de la conquête des pôles. On voit la méticulosité légendaire dans la préparation des expéditions d’Amundsen et comment finalement nous aussi on mène une petite expédition : bon d’accord on n’a pas de chien de traîneau et on ne part pas sur la banquise mais on est quand même 9 maintenant (avec les grands-parents) et on a 27 sacoches et sacs sur les vélos.
L’escale d’Oslo passée nous prenons le train pour Haugastøl pour un périple en vélo dans les montagnes en passant par Finse, Hallingskeid puis Flåm. Cette piste, la Rallarvegen est réputée comme étant la plus jolie piste vélo de Norvège. Nous ne sommes vraiment pas déçus. Paysages de montagnes, de lacs et de glaciers avec neiges éternelles aux sommets. Un jour on en croise même (presque sur le chemin), et aussi des cascades menant à des lacs où l’eau est bleue comme dans La Reine des Neiges (il paraît que la région a inspiré les paysages du dessin-animé). Le soir, pour plus de confort pour les grands-parents on dort dans de jolis petits hôtels ainsi que dans un refuge de montagne. A Finse, dans les années 70 l’hôtel a accueilli toute l’équipe de Star Wars car c’est ici qu’ils ont tourné les scènes de combat dans la neige. C’était le temps des costumes, des décors et des effets spéciaux sans passer par l’ordinateur.
Jeanne : « Enfin, on arrive à la fameuse descente finale de la Rallarvegen, descente avec des pentes à 35% et 21 virages en tête d’épingle. Mais, bien que nous choisissions nos chères bicyclettes, on a aussi la possibilité de prendre une énorme zipline (tyrolienne) pour la descendre. Certains optent aussi pour le mode montée. Good luck ! Arrivée à Flåm au fond du fjord Sognefjord, on reste deux jours au camping. On goute la fameuse glace saupoudrée de chocolat ».
Raphaëlle : « Nous nous sommes aussi baignés dans un fjord. Mais arrivés dans l’eau nous étions mieux dehors que dedans. L’eau du fjord était très froide« .
Les grands-parents partent, nous voilà replongés dans notre voyage.
Visite d’Undredal : là, on rencontre une petite communauté de français qui habitent dans ce village niché entre les montagnes norvégiennes. Découverte du fameux fromage marron norvégien sorte de Dulce de Leche qu’on mange à tout moment de la journée. Le plus courant est de le déguster en fines tranches sur des crackers avec un peu de confiture. D’aspect original, on est finalement assez conquis par ce fromage qui ressemble à un gros pain de haschich. Maxime, un fort sympathique nantais qui tient le café d’Undredal, nous fait gouter ses délicieux cookies fabriqués avec le brunost. France : « c’est un fromage comme de la pâte à modeler« .
La suite c’est un bateau qui nous amène maintenant à Bergen .







Coup de vent à Farsø. Løgstør puis Rhødus, Nørre Lyngby, Løkken : forêts et dunes au Nord du Danemark





Vélo sur la plage entre Rødhus et Nørre Lyngby





Camouflage anti-tempête de sable au phare de Rubjerg


Belle rencontre et bon moment : Angelo à Hirtshals





Premiers jours en Norvège : Granholmen. Jean-Baptiste et son nouveau copain, le tenancier du camping.




Åsgårdstrand et la maison de Munch




Camping sauvage sur le terrain de foot de Sjøhagen








Camping sauvage, baignade et pêche aux crabes à Breivoll



Visites des grands parents à Oslo, Maxime se baigne dans le fjord d’Oslo (trop tentant…)




Musée du Fram : Jeanne, Raphaëlle et Amundsen, Jojo et Shackleton, les filles et les explorateurs du pôle Sud





Train Oslo-Haugastøl













On embarque les grand-parents sur la Rallarvegen : J1 Haugastøl-Finse









Rallarvegen J2 : Finse – Hallingskeid












Rallarvegen J3 : Hallingskeid-Flåm







Flåm et Undredal

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