Tout Roule !

Tout Roule ! C'est quoi ? C’est l’histoire d’une famille qui décide de quitter un an sa vie quotidienne pour découvrir l’Europe à vélo. Tout roule, c’est le tout baigne du plagiste, c’est le tout schuss du skieur, c’est pour se souhaiter de vivre une aventure simple, joyeuse et riche. Alors oui, si on vous demande comment on va , vous pouvez répondre : TOUT ROULE !

Jean-Baptiste et Cécile (les parents) et leurs 5 filles : Jeanne 12 ans, Raphaëlle 10 ans, Joséphine 8 ans, France 6 ans, Maxime 3 ans.

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  • Visiter une mégalopole comme Londres en groupe n’est peut être pas la solution la plus simple surtout quand c’est avec des enfants de 3 à 12 ans qui ont chacun un rythme et des aspirations diverses. Il faut ménager chacun, départager les attentes, régler les conflits, faire l’école et entre tout ça tenter d’imposer un peu ce que papa et maman veulent aussi faire ! Finalement, un vrai exercice de parentalité cette étape Londonienne qui grâce ou à cause du petit Potter aura duré 1 semaine (on a pourtant pris nos billets à notre arrivée en Angleterre il y a 1 mois, mais que voulez-vous il est la star !). Oubliez Paddington, James Bond, Sherlock Holmes  et le roi Charles le cool ici c’est Harry (pas le prince).

    Nous avons donc séjourné à Dulwich pour la simple et bonne raison, que c’est là que se trouve le « Hase bike Shop« , marque de nos tandems sur lesquels nous avions quelques réparations à faire. Oliver (le propriétaire du magasin) nous avait conseillé le camping de Dulwich, très bon plan pour visiter Londres. Nous étions à seulement 10 minutes de transport en commun du centre de Londres et en même temps suffisamment loin du tumulte Londonien pour y retrouver de grands espaces verts mais aussi de magnifiques demeures. Nous avons eu la chance de bénéficier d’un logement en dur (l’avantage des voyages hors saison touristique … ) pour nous protéger de cette semaine de grisaille, de pluie et de froid, plus facile que sous la tente pour faire l’école.

    On a quand même pu montrer aux filles Big Ben, Westminster, Buckingham palace, la déco rococo égyptienne de Harrods, Covent Garden et bien sûr la colonne de Nelson (qui s’appelait Horatio ) sur Trafalgar square. En échange de quoi les filles ont pu nous expliquer ce qu’est du bubble tea et la différence immense qu’il y a entre Gryffondor et Serpentard. À ce jeu, on a trois expertes avec nous.

    Cette semaine, c’est France qui a perdu sa première dent dans une focaccia d’Ottolenghi. Encore une fois la fée est venue apporter, bien sûr, la livre qui bien sûr a terminé au musée de… vous savez qui.

    A noter : ne cherchez pas à pique-niquer dans un parc du quartier de Chelsea ils sont tous vides mais privatisés et donc inaccessibles aux non-résidents.

    Côté transports : vélo. Il y a beaucoup de pistes et sincèrement on ne s’est pas sentis en danger. Chouette de passer le Tower Bridge à 2 roues ou sous la Tamise à Greenwich par le tunnel piéton-vélo. Greenwich et son méridien, l’occasion d’ailleurs, d’une petite leçon de géographie.

    On a pas mal fait du train aussi, du bus (toujours à l’étage sur les fauteuils tout devant ) et du métro (où les fauteuils sont orientés le long de la rame à droite et à gauche). Pour tout ça on paye avec la oyster card, ce qui littéralement se traduit par carte huître. Que personne ne touche au bouton pour demander le passage au vert des piétons ou l’arrêt du bus à la station sinon Maxime saura vous rappeler à l’ordre dans un anglais qui a l’air bien compréhensible.

    On a testé les taxis Londoniens qui ont l’avantage de pouvoir contenir une famille de 7 personnes mais pour autant le bus et le vélo restent nos favoris.

    À la librairie française, on nous dit que la population des français fait de cette ville la 5eme plus grande ville de France. Pensées pour le temps de l’appel du 18 juin, où le même métro que l’on prend aujourd’hui servait d’abris contre les bombardements 

    Resterons comme des souvenirs forts, la Battersea station qui est un bel exemple d’architecture style britannique restaurée. Clin d’oeil à Pink Floyd . 

    Aussi grâce a notre ami Kaval on a pu faire une belle virée en zodiac sur les canaux de Camden. 

    Enfin, en mettant les vélos dans le train, la maison de Darwin à Downe, dans la grande banlieue de Londres, où il a pu vivre les 40 dernières années de sa vie avec sa femme (qui avait comme professeur Chopin) et ses 10 enfants. Etudiant avec eux la nature alentour et écrivant un livre qui, aujourd’hui, est considéré comme la base de la biologie contemporaine. 

    On en oublierait presque de vous parler d’Harry Potter et du musée que Warner Bros a consacré à ses adaptations au cinéma : et bien ça dure 3 h, ça fait crier les enfants de joie, ça les fait vous dire que vous êtes des parents supers alors que ça fait 4 jours que vous les grondez tout le temps bref c’est un truc sympa ! 

    Pour quitter Londres, il nous aura encore fallu 2 jours de vélo à travers les banlieues mais cette fois sous le soleil ! On a retrouvé avec joie le countryside après avoir traversé le Dagnam Park qui est une réserve naturelle protégée abritant des troupeaux entiers de biches et de cerfs.

  • Pour fêter notre premier mois de voyage nous sommes arrivés à London ! 

    Après notre séjour à Bath, la ville des voyages scolaires, où nous n’avons pas pris de bain mais appris beaucoup de choses sur les romains en Grande-Bretagne (et non ils n’étaient pas seulement autour de la Méditerranée et ici ils ont construit un véritable centre de thalasso) et découvert l’architecture de style géorgien avec des pierres de couleurs beiges qui donnent à la ville beaucoup de classe.

    Nous voilà donc partis pour la capitale à travers une Angleterre plus plate avec des tas de canaux, écluses, petits ponts et péniches. Les filles ont pu dépanner les marins d’eau douce en ouvrant et fermant pour eux les ponts. Le chemin que l’on suit est parfois assez étroit et il faut faire attention à ne pas tomber car France et Maxime sont attachées à l’avant de notre vélo et donc on imagine bien la catastrophe en cas de chute dans la rivière. 

    Les distances s’allongent, 45, 50 km deviennent des distances raisonnables pour une journée de vélo. Notre première étape après Bath est Chirton. Jonty nous accueille dans la maison de ses parents où il vit. Ses parents n’ont jamais voyagé à vélo mais Jonty, oui, et il mesure le bonheur d’une bonne nuit de sommeil en sécurité avec un accès à une douche chaude et une cuisine, c’est pourquoi il a réussi à les convaincre de s’inscrire sur Warmshower. Le jardin est en pleine campagne face à un champ de chevaux, très apaisant. Cette fois, les habitants de la maison sont absents, Jonty nous a indiqué comment trouver les clés et accéder à la maison. La solidarité et la confiance entre cyclovoyageurs n’a pas de limite.

    Sur le vélo on révise les tables de multiplications, on s’interroge sur les mots en anglais, on se raconte des histoires : qui étaient les Beatles ? qui était Diana ? 

    Je ne sais plus où on a lu que les voyages à vélo font  maigrir mais je n’ai pas l’impression que ça soit notre cas : les scones etc … pourtant depuis notre arrivée nous n’avons pas une fois mangé de frites ! Ici la diététicienne à la mode (Emily Englih ) dit « No restriction but moderation ». Disons que le vélo creuse l’appétit : on compte jusqu’à 700 g de pâte par soir alors qu’à la maison 350 g suffisent largement.

    Grace à Raphaëlle on a appris que la petite souris passait aussi en Angleterre. Ici ce n’est pas une souris mais une fée.

    La nature est toujours aussi belle, beaucoup d’écureuils, d’oies, de lapins, de cygnes, de hérons, de faisans. On a même croisé une famille de biches ! Les canards font des atterrissages d’enfer à la surface des rivières.

    À Newbury, où nous sommes restés deux nuits, on a réussi à rentrer dans le parc du château d’Highclere ou à été tournée la série Downton Abbey.  Ce jour-là, le château, qui est détenu par la famille Carnarvon depuis des générations, n’était pas ouvert au public car un « private event » y avait lieu. On découvre le monde intriguant et inaccessible des Lords et des Ladies. On traverse le parc du château qui est un immense écrin de verdure extrêmement bien entretenu avec des moutons partout. Le parc du château de Versailles paraît presque petit à côté … Une habitante du village d’Highclere nous raconte que Lady Carnarvon est une charmante dame, que la famille vit essentiellement de la série, d’agriculture, de visites du château … Lady Carnarvon écrit aussi des livres et alimente les réseaux sociaux. Ce monde nous interroge, à quoi ressemble leur vie ? Les filles nous demandent face à Buckingham Palace quelques jours plus tard : est-ce que tu crois qu’on va voir le roi sortir ? que font-ils dans le palais toute la journée ? On aurait envie de se fondre dans ce monde mais seulement pour quelques jours, juste pour voir. On a le sentiment d’être beaucoup plus libres finalement.

    Notre premier contact avec Londres sera la Tamise que nous croisons à Henley-on-Thames où David vient à notre rencontre pour partager les derniers km de la journée et nous guider vers la maison de ses parents. Ici, à quelques maisons, Amy Winehouse a enregistré Back to Black. Georges Harrisson habitait ici aussi, tout comme Liam Gallagher pas très loin non plus. C’est aussi ça l’Angleterre : le Devon de Pj Harvey, Bristol et Massive Attack, Portishead. The XX. La vie dans les parcs des anglais que Damon Albarn chante dans Parklife. Toute cette musique anglaise qui m’a façonné adolescent était bien humaine ici, faite par des vrais gens qui ont grandi ici, raconté leurs vies d’ici… du coup les anglais ont je trouve un rapport assez familier avec tous ces artistes. Pas d’exotisme …. Boys next street, girls next door. 

    Visite ensuite de Windsor, où on passe 2 jours chez Mike qui nous accueille comme des rois, fait la cuisine et attend tardivement et patiemment de pouvoir manger entre adultes le soir une fois les filles couchées. Mike vient de Liverpool et ça ne s’invente pas : on est avec lui pour fêter ses 64 ans !  Windsor c’est le château évidemment et la relève de la garde mais aussi The Long Walk, Eton college où ont étudié les Princes William et Harry. Collège exclusivement de garçons qui se baladent en ville avec un uniforme en queue de pie et gros noeud papillon. On est encore dans un autre monde. On y croise une française des Alpes qui est arrivée en septembre pour y enseigner notre langue, elle nous raconte que parmi ses élèves il y a des comtes, un baron, des princes de plusieurs nationalités mais aussi des étudiants boursiers. Tout le monde est sur le même pied d’égalité (50 000 euros l’année quand même) c’est le but de l’uniforme, les étudiants sont très respectueux des enseignants et gentils avec nous quand nous les interrogeons.

    Arriver à Londres à vélo ça commence 2 jours avant. Depuis Henley on entend les avions de l’aéroport d’Heathrow à longueur de journée, on mesure d’ailleurs l’impact énorme d’un aéroport international, de l’autre côté de Londres à 70km d’Henley, on les entend toujours. Après Windsor, il en est terminé de la campagne, on traverse des km de banlieues, d’abord sans intérêt à longer des 2×3 voies avec des voitures, des feux et des croisements par milliers. Puis arrivent les banlieues chiques avec des maisons cossues à l’entrée de Londres et enfin le centre de Londres avec de vraies pistes cyclables bien aménagées. On pose nos sacoches pour presque une semaine (on attend notre tour pour la visite des studios Harry Potter) à Dulwich au sud de Londres où les renards envahissent la ville.

    Pour nous l’arrivée à Londres sera une arrivée musclée sous la grêle, la pluie, le vent et le froid. Rude et rock comme London Calling des Clash ….mais  Here comes the sun, disaient les Beatles, it’s all right …. 

     

  • Nous vous avions laissés à Clyst St Mary où nous venions d’arriver chez Emily pour quelques jours de repos et d’école. L’occasion d’arrêter la vie nomade, complètement défaire les sacoches, se poser. Pas évident, car à 7 on prend de la place ! Ralph, le chien d’Emily, est un peu déconcerté par cette marée de candidates qui se bagarrent pour aller le promener. A moins de 5 km de Clyst St Mary, se trouve Topsham, très joli village au bord de la rivière Exe, que nous connaissons bien car c’est là que vivent les parents d’Emily, Sandy & Anthony. Tony et son flegme légendaire. Le même que celui qui faisait dire à Stanley : « Docteur Livingstone je présume ?». Passer du temps comme ça dans un pays, c’est aussi sentir généralement certains aspects de la société. C’est vrai qu’il  y a du comique et de l’autodérision ici. Le pub en face de chez Emily titre en façade : « le meilleur pub avec un jardin du village  » (c’est le seul pub du village).

    Jeudi 30 avril, il est temps de repartir, toujours une mission de réussir à regrouper toutes les affaires et toutes les filles sans y passer pour autant la journée … car mine de rien il y a aussi des km à faire. Michael, d’Ashburton nous voyant œuvrer en ce sens a décrit cette scène par : « Herding cats », rassembler des chats. Le Cambridge Dictionary traduit cette expression anglaise par : décrit quelque chose d’extrêmement difficile à faire

    Nous quittons donc le Devon pour le Somerset, il y a de moins en moins de côtes. Mais pour autant, il ne fallait pas que ça soit trop facile alors d’autres péripéties nous attendent. Le premier jour, quelques km avant notre arrivée à Meadow Farm (entre Willand et Wellington), la roue arrière du vélo de Jean-Baptiste crève. Paul et Annie décident alors de nous rejoindre en voiture pour alléger le vélo et assurer les derniers km avant de pouvoir faire une vraie réparation.

    Le lendemain, nous arrivons à Taunton où Josh, le réparateur de vélo, nous fait passer en priorité pour ne pas retarder notre étape du jour et réparer les roulements de la roue arrière.

    Le troisième jour, nous réalisons les 20 derniers km sous la pluie, journée difficile. Au détour d’un chemin trop étroit qui longe un petit canal, Joséphine loupe un virage et tombe dans la rivière : vélo à moitié dans l’eau, le pied aussi. De toute façon on est déjà complètement trempés. A peine arrivés, dégoulinants et dans les pleurs chez Lucy et Bryan à Catcott, nos vêtements sont déjà étendus sur des cintres au dessus du poêle dans la cuisine et un chocolat brûlant est servi aux filles. Les sourires reviennent vites.

    On pourrait comme ça multiplier les anecdotes qui toutes sont de vrais bons moments d’échange et de générosi-thé. Je pense à la confiture d’Annie qui nous suit encore, à Michael et son chien Merlot et aussi Tom et Cherry de Wells avec qui on a passé une soirée délicieuse, nos enfants accroupis dans la cuisine pour manger car il n’y avait plus assez de chaise. Ils nous racontent cette année au cours de laquelle ils sont partis de Singapour en tandem pour rentrer en Angleterre. Le lendemain matin, Thomas dépose en voiture nos sacoches au sommet de la colline qui se trouve à 4 km de chez eux pour nous permettre de monter plus légers !

    C’est vrai que lorsqu’on arrive chez tous ces gens qui nous accueillent, très vite on parle de « french invasion ». Notre famille est grande, on prend de la place dans les jardins avec nos deux tentes, dans les cuisines où souvent la table est trop petite pour tous nous asseoir. On est touchés par tous ces gens qui nous ouvrent grand leur porte et sont prêts à tout pour nous aider.

    En vélo on avance lentement, les arrivées se gagnent : au détour d’un virage, au sommet d’une colline  on voit au loin le cloché d’un village ou les maisons d’une ville qui seront notre stop et c’est toujours avec fierté qu’on arrive le soir. On pense à Wells, la plus petite ville d’Angleterre, où se dresse d’un coup une énorme cathédrale au milieu du vert. Hier on est arrivés à Bath après avoir suivi une ancienne voie ferrée reconvertie en piste cyclable. Nombreux écureuils sur la route qui comme les fleurs à souffler (pissenlits) font le bonheur de France et Maxime. Incroyable final par un tunnel de 2 km dans le noir total ! Les filles sont surexcitées. Ici déjà les romains prenaient des bains dans les sources chaudes naturelles. Will we take a bath in Bath ?

  • Nous sommes arrivés à Plymouth le lundi 20 avril au soir. Une journée d’acclimatation, de lessive et d’école et c’est parti pour notre aventure au pays de Shakespeare et de Dua Lipa. Une première semaine à travers le Devon comme un enchantement : petites routes de campagne sous le soleil,  paysages de cartes postales avec grandes prairies vallonnées parsemées de moutons, régulièrement petits manoirs ou cottages cossus super bien entretenus comme dans Raison et Sentiments, on se croit dans le monde de Jane Austen. On n’avance pas vite, justement parce que dans le Devon ce n’est jamais plat, jamais des grosses montées ni des grosses descentes mais toujours quelque chose. Comme pour les cottages, les filles jouent à donner des petits sobriquets aux montées : on a la côte « routale » (route partagée avec des voiture), la côte sandwich (quand les parents vous promettent le pique nique en haut de la côte), la côte inutile (lorsque la descente qui suit équivaut à la montée qui vient d’être faite), et bien sûr la côte de la mort qui à la fin s’appelle la côte de la mort qui tue. Nous avons aussi la descente frisquette (celle qui donne froid parce que ça va trop vite). Ça joue pas mal des vitesses et ça déraille aussi . Quand les montées sont trop hard il faut pousser les vélos à plusieurs, à pieds (celles-ci se prénomment la côte manuelle) et là ça râle, mais beaucoup moins qu’au début du voyage. Les filles s’adaptent très bien à ces nouvelles contraintes. Dans l’ensemble on fait des sorties de 20-25 km par jour car ces côtes que nous devons monter à pieds ralentissent le rythme.

    C’est marrant, car au final nous ne sommes pas si loin de la Bretagne, climat et nature sont assez similaires et pourtant ici tout est différent : on roule à gauche, on compte en miles, on paye en livre sterling, des supermarchés organisés complètement différemment pour vendre bien sûr des trucs différents, il ne faut pas oublier d’allumer l’interrupteur en face de la prise si on veut que ça marche… Comme dans un thé, lentement, on infuse ce nouveau style de vie et par le voyage en vélo ça se fait tranquillement mais au coeur du sujet. Le porridge débarque au petit déjeuner et Maxime (il n’y a qu’elle !) apprécie les fruits en gelée. Il faut absolument parler de Warmshowers car cette application nous a permis de faire des supers rencontres : le principe est simple, cette application met en relation des cyclovoyageurs, on localise sur l’application un membre sur notre route, on se présente et on lui demande s’il est possible de poser notre tente dans son jardin et si on peut utiliser les toilettes et prendre une douche chaude évidemment ! Merci donc à tous ces bons samaritains qui nous ont ouvert la porte de chez eux. Très souvent, on nous offre bien plus, un dîner tout prêt, un petit dej le lendemain et même une fois une balade en voiture au coucher du soleil au sommet du Dartmoor, ce magnifique parc national montagneux que nous n’aurions pas pu monter à vélo avec notre troupe. Mais encore donner des conseils et aider à réparer la béquille d’un des tandems ! Une opportunité extraordinaire de  voir comment les anglais vivent chez eux et comment ce qui nous semble saugrenu à priori, est en fait bien sensé. Bon, on n’a toujours pas compris pourquoi il y a une bassine énorme qui occupe toute la place de l’évier de la cuisine… En tous cas c’est certain que lorsqu’on sera rentrés chez nous, notre maison sera the place to be a « Warmshowers ».

    Après Plymouth, nous avons donc fait plusieurs étapes : Ivybridge, Ashburton 2 nuits, Heathfield puis Clyst St Mary chez Emily, la plus francophone et francophile des anglaises que Cécile connaît depuis ses 12 ans. Quelques jours de repos et nous repartirons pour Londres !

    Enfin, n’oublions pas les belles richesses culinaires de l’Angleterre : flapjacks, cheesecake, banoffee pie, scones, jacket potatoes, goulash, beans dans une sauce tomate sucrée… D’ailleurs on se demande si nos km à vélo suffisent à consommer l’énergie de toutes ces généreuses gourmandises anglaises.

  •  Audin, que nous avons pu rencontrer à Quimperlé nous l’avait bien dit : il vous faudra 1 semaine pour vous acclimater et dans 1 mois vous serez bien ! Il n’avait pas tort : il nous faut trouver une meilleure condition physique ( les filles sont plus rapides que nous), retrouver nos automatismes de camping  (dans quelle sacoche range-t-on le jet boil ?  Où on range le linge sale des filles ?), apprendre à vivre rustique (plusieurs matins le thermomètre affichait 5 degrés et un matin il était même à -1). Alors, il faut se lever, s’habiller dans le froid (on souffle de la buée) et faire le biberon.

    C’est sûr qu’à ce petit jeu là l’expérience des dernières années de camping à vélo nous aide beaucoup et dans cette logistique on trouve quand même notre compte de bons moments : petit dej avec les premiers rayons de soleil sur le camping vide de Carhaix (ce n’est pas la saison, alors tout les campings sont quasi vides ), pique nique  à l’aire de jeu de la gare de Scrignac , douche chaude après une journée de vélo tout en montée à Morlaix (ça ne monte pas fort certes mais ça ne s’arrête jamais ! à en devenir fou). Jolis  paysages de l’argoat ou les pommiers sont en fleurs. Le sacre du printemps.  Tout est vert et la végétation domine les chemins que les hommes n’ont pas eu le temps de réduire.

    La Bretagne du centre est clairement plus déserte et le chemin de fer qu’on a créé pour tenter de la désenclaver n’a pas fonctionné. Le réseau ferré breton n’aura duré que 35 ans finalement : il nous laisse des pistes très praticables, sans voiture et bucoliques. 

    On pédale aussi un peu dans le passé : celui du temps où on payait en francs, on voit passer des enseignes où le téléphone indiqué se compose en 6 chiffres : coiffure Le Bihan 34 56 76. À Gourin, vidéo futur propose une offre intéressante : location vhs à 12 Francs par jour .

    Une vraie nouveauté par contre c’est l’école : les supports sont supers mais il faut apprendre à expliquer, à  jongler entre les enfants. Heureusement, les grandes nous aident en nous donnant des conseils sur la méthode à suivre. En tous, cas pour le moment c’est un plaisir de les voir comprendre des notions nouvelles avec nous. Oh c’est écrit « Amine ! ». Oh c’est écrit « route » ! 

    Un première semaine d’aventure  se termine donc. Dans les grandes lignes nous sommes passés par Le Pouldu, puis Quimperlé (petites étapes de 15-16 km pour se mettre en jambe). Ensuite, la gare de Guiscriff, puis Carhaix où nous avons dormi 2 nuits pour faire un peu de lessive et d’école, puis Morlaix (dure et longue journée de montées en pente douce). Après, direction St Pol de Léon, on s’attendait à 24km tranquilles sur une belle Eurovélo, finalement une déviation à cause d’un pont en travaux nous a rajouté 15 km à l’itinéraire en pleine campagne en mode montagnes russes avec le vent dans le nez en prime… Arrivés à St Pol à 19H20 sur les rotules … Notre dernière étape française sera Roscoff avec 7 petits km avant de prendre le ferry. Les paysages de Bretagne Nord sont magnifiques mais se méritent.

    Cette première semaine aura donc été riche en émotions, des bons moments de retour à la nature, d’école avec les enfants, de pique-niques et petits dej dehors … mais aussi les premières galères (des cotes, du vent, du froid …). Mais très souvent après une bonne nuit de sommeil au chaud dans notre sac de couchage, le lendemain on a qu’une envie c’est repartir et continuer l’aventure. Rien de tel qu’une bonne nuit de sommeil pour remonter le moral des troupes.

    Hier, nous avons pris le ferry pour l’Angleterre, au revoir la France, de nouvelles aventures nous attendent de l’autre côté de la Manche…

  • Aujourd’hui, lundi 13 avril 2026 c’est le départ, bien sûr il y a eu des réveils nocturnes chez les enfants cette nuit. Il y a de l’excitation dans l’air . 
    Ce matin juste le temps de se faire un petit café – thé tous  les deux, c’est le calme dans la maison, le soleil se lève. On est heureux ! Déjà les petites se lèvent et il faut réveiller les grandes. Les grands-parents arrivent pour nous donner un dernier coup de main précieux. Merci à eux !
    La fête avec les amis est passée et quelle fête : rien que pour ça, ça valait le coup de partir 🙂 Merci à vous aussi les amis !

    Autre point positif de ce voyage, la maison est rangée comme jamais !
    Aujourd’hui on peut dire que les cases des préparatifs  sont cochées : on a plus de maison, plus de voiture, plus de boulot, plus d’école, plus d’activités ….. et donc plus de liste de trucs à faire ou plutôt si une nouvelle liste s’ouvre, celle qu’on voit souvent dans les maisons imprimée aux mûrs : passer des bons moments avec les enfants, rêver d’aventures nouvelles, voir le monde, se lever de bonne humeur, échanger, discuter, s’écouter, s’aérer, positiver, faire du sport etc …. En route !

    Le départ s’est passé comme prévu à 10H30, beaucoup de copains sont venus nous accompagner, le soleil est radieux, quelle chance. Un dernier au-revoir aux grands-parents, on ne s’attarde pas trop, c’est plus facile mais tout ça nous chamboule même si on le montre pas trop … Que fait-on ? dans quelle folle aventure se lance-t-on ? Ce n’est pas le moment de se poser des questions, il faut y aller. Au-revoir déchirants entre Antoinette et Maxime, les enfants sont des éponges. Les filles sont motivées et ont le sourire. Sur les premiers km on croise encore d’autres copains et on partage un dernier pique-nique avec eux. Le bac pour traverser la Laïta à Guidel sera notre point de lancement dans cette aventure à 7. Il faudra 2 traversées pour que tous les vélos passent. Arrivée au camping des Grands Sables au Pouldu 4 km plus loin, on pose la tente. C’est le retour à la rusticité … il faut retrouver ses repères, cuisiner assis dans l’herbe, pas d’eau à proximité, le froid et la nuit qui arrivent vite.

    Ce matin, réveil sous la pluie … On a plutôt bien dormi, la fatigue et les émotions y ont contribué. On réfléchit au programme de la journée, on cherche le matos, on ne sait plus comment fonctionne le GPS, bref on manque de rodage … on se rassure en se disant que c’est normal, c’est notre 2ème jour. Finalement, nous dormons ce soir à Quimperlé et on a trouvé un hébergement au Presbytère. Notre bonne étoile nous accompagne. On arrive même à faire un peu d’école avec les filles. Et on mange un repas au chaud. Le bilan n’est pas si mauvais.

  • Et pourquoi ne pas rester après tout ? C’est vrai, on a un boulot qui nous plaît , des enfants qui vont bien. On a l’école, les activités, des amis qu’on a plaisir à voir le we. Des familles unies. Une Foi. On a une routine heureuse en fait. Dans quelle galère se lance-t-on ? Que cherche t’on à se prouver ? Avons-nous des leçons à donner et si oui, à qui et pourquoi ? 

    Un ami nous a résumé il y a quelques jours notre aventure comme une pyramide de Maslow inversée, nous ne connaissions pas Maslow alors on a été voir sur wikipedia. Ça dit ceci: La pyramide des besoins, dite pyramide de Maslow, est une représentation pyramidale de la hiérarchie des besoins qui interprète la théorie de la motivation fondée à partir des observations réalisées dans les années 1940 par le psychologue Abraham Maslow[1]. L’article où Maslow expose pour la première fois sa théorie, A Theory of Human Motivation, est paru en 1943.

    Peut être qu’il a raison. 

    En fait ce voyage n’est pas une fuite mais une pause, un changement de pied. L’occasion de faire autre chose de voir autre chose. L’occasion de revenir à l’os, à une vie plus dépouillée plus simple. L’occasion de prendre du recul pour revenir plus frais avec des idées nouvelles. Peut être aussi débrancher de l’état d’alerte un peu permanent qu’on ressent dans l’écho médiatique . «Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent » disait Phillipe Djian pour Stéphane Eicher .

    Alors voilà, c’est pour tout ça, un peu dans cette aventure qui aura sûrement des galères  et des bobos. Sûrement des moments fast et des moments creux. Rien de grandiose rassurez vous ( le site de Mike Horn est disponible en suivant le lien https://www.mikehorn.com) mais qui nous suffirons à avoir l’impression de vivre un truc bien et grand . 

    Ah la vie c’est quelque chose ! 

  • C’est l’heure des préparatifs… Objectif : tout faire rentrer dans les sacoches …