Tout Roule !

Tout Roule ! C'est quoi ? C’est l’histoire d’une famille qui décide de quitter un an sa vie quotidienne pour découvrir l’Europe à vélo. Tout roule, c’est le tout baigne du plagiste, c’est le tout schuss du skieur, c’est pour se souhaiter de vivre une aventure simple, joyeuse et riche. Alors oui, si on vous demande comment on va , vous pouvez répondre : TOUT ROULE !

Jean-Baptiste et Cécile (les parents) et leurs 5 filles : Jeanne 12 ans, Raphaëlle 10 ans, Joséphine 8 ans, France 6 ans, Maxime 3 ans.

ceciledagorne@orange.fr

jb.dagorne@orange.fr

  • Alors là, on peut vous dire qu’on en a bavé ! Qu’on a mouillé le maillot et le kway ! Que ça a été vraiment dur mais aussi qu’on a vécu un moment fort.

    L’arrivée à Bergen était attendue comme un mythe car Bergen c’est évidemment la ville des Kings of convenience et leur musique qui a si souvent accompagnée nos soirées…. Bien sûr il pleut ce qui dans cette ville est une habitude. Du coup, la vie tourne autour de ses intérieurs ouatés, cosy, feutrés. À Bergen la pluie qui tombe fait de la musique, on est en tailleur dans son canapé devant une tasse de chocolat. Bref ici le rythme de la vie est tranquille. Ça fait du bien mais il est temps de repartir et la pluie ne s’arrête pas… tant pis on va y aller quand même ! Grosse erreur ! A midi le premier jour on est tellement dégoulinants, crevés qu’on fait demi tour. Le Patagonia et autre Gore-Tex ne suivent pas. On est secourus par une dame qui nous passe tout au sèche linge le temps du pique-nique qu’on mange en slip dans sa cuisine. Retour bredouille à Bergen où désespérés on reprend une nuit dans le même Airbnb et on réserve un billet de train pour le lendemain retour à Oslo (la météo n’annonce pas de mieux pour les prochains jours). No way for Norway.

    Mais le lendemain il pleut moins et les prévisions sont meilleures, on enrage d’avoir baissé les bras, au diable le train on retente notre chance en ayant bien compris qu’il n’y a cette fois-ci pas de retour en arrière possible. Toutes nos cartes sont tirées. Tapis. Dommage on a tiré 2 semaines de pluie ! 

    Deux  semaines de vêtements de pluie mouillés donc, de montage démontage de la tente sous la pluie, de repas sous des abris de fortunes. Bien sûr, il arrive que cela cesse et c’est alors des paysages magnifiques ! Mais très vite ça reprend comme les montées. Il faut le dire en Norvège pas un km de vélo n’est possible sans un peu de dénivelé (voire beaucoup). Deux  semaines de camping sauvage où nous avons eu à demander l’hospitalité d’un jardin plusieurs fois et où toujours l’accueil a été celui de gens surpris puis souriants et compréhensifs. Des vrais moments chaleureux avec Brit et la petite Frida, à Sandvikväg, où pendant qu’il tombe un vrai déluge on savoure ce qui est une institution Norvégienne : les gaufres ! Ici elles  sont rondes avec une structure qui la rend facilement divisible en parts en forme de cœur mais que tout le monde mange bien entière avec de la confiture ou mieux du brunost  (le fameux fromage marron) ! 

    Pensées aussi pour Martha qui voyant la route dangereuse à cause des travaux  nous propose de rester bien derrière nous pour empêcher les automobilistes imprudents de nous doubler au risque d’écraser les enfants. Bilan des courses un bouchon de 32 voitures à la sortie de la zone à risque.

    Nombreux encouragements sur le bord de la route, coups de klaxons et pouces en l’air, on en a même qui nous donne des trucs à manger car nous ayant dépassés quelques km avant dans la montée ont vu le truc venir et se mettent à l’entrée de la maison sur le bord de la route pour nous donner tout ça … on se croirait des fois dans une étape de montagne du Tour de France.

    L’itinéraire que nous suivons coupe à travers les îles et c’est une succession de ferrys électriques que nous prenons (toujours gratuit pour les vélos) pour avancer : la bonne excuse pour un peu de repos au chaud et au sec de cette pluie interminable. 

    À Østhusvik, il faut s’enregistrer sur internet pour que le bateau (qui est assez gros pour prendre des voitures) se détourne et passe nous chercher, toujours gratuitement. Cette journée-là ce sont Austin et Elza qui nous accueillent dans leur ferme avec séchage express dans la serre.

    Chaque jour on médite ce labor omnia vincit improbus : ligne de vie ou méthode Coué ? 

    Que diable faisons-nous dans cette galère ? Demanderait Géronte. 

    Et bien parce que quand le soleil arrive à faire un trou dans cette masse nuageuse, quand le vent se calme et que la pluie cesse on est alors seuls au monde à voir comme la nature est belle, comme les couleurs de la roche, de l’eau et des arbres se marient bien. En Norvège on se fait poète de la nature vierge. 

    Les photos prisent tenteront de  montrer un peu ça mais il ne restera pas d’image des moments difficiles car dans le dur on ne pense pas vraiment à sortir l’appareil. Ou alors Jean-Baptiste se fait hurler dessus car ce n’est vraiment pas le moment.

    La fin de parcours nous fait passer par ce qui est un haut lieu du tourisme Norvégien : le Preikestolen. Pour éviter le bus, on décide de partir du camping à pied pour une première partie  de randonnée franchement sauvage où c’est le gps du vélo qui fait la route et nous évite de se perdre dans la montagne. Arrivés au parking d’où partent les randonneurs, alors on est plus nombreux. Au sommet : grandiose ! 

    Puis c’est le retour vers Stavanger où on retrouve la pluie. Pas grave car on est fiers d’avoir réussi ce qui était notre objectif et surtout car le train de nuit nous ramène à Oslo où les températures chaudes et le soleil de l’été nous attentent.

    L’amitié a-t-elle une durée déterminée ? Faut-il se voir souvent pour rester amis ? Non : Jb retrouve Jørgen, un ami pas vu depuis 20 ans comme s’ils s’étaient quittés la veille. Renate, sa femme, est enceinte. Vrais moments de joie simple où on cuisine et on mange tout en confrontant nos impressions avec de vrais norvégiens après ce mois passé ici. Plus particulièrement, un sujet qui nous marque : le rapport intime des Norvégiens à la nature. Jørgen rentre d’un mois de tournage dans les montagnes où l’accès se fait après 5h de marche. Le sujet traité : promouvoir la nature auprès des jeunes. Renate, elle, a pour habitude de partir une douzaine de jours par an en camping sauvage avec sac à dos, tente et vivres pour ne pas avoir besoin de revenir à la civilisation pendant cette période. Elle nous raconte ce souvenir d’enfance de camping en hiver par -40°C avec son père…

    Requinqués, séchés et barbouillés de crème solaire nous reprenons la route vers le sud où le chemin nous permet de passer par la maison de Roald Amundsen au prix d’une côte qui restera un souvenir aussi fort que la maison elle-même. Et c’est quand quelques jours plus tard nous passons  à vélo devant la maison où il est né que là Cécile décrète l’overdose.

    Comme pour dire que la boucle est bouclée, nos 2 derniers jours en Norvège nous font passer par des routes que nous avons déjà pu prendre il y a plus d’un mois à l’aller. On reconnaît les paysages, les maisons et comme de vieux connaisseurs on file tout droit vers nos spots de campings sauvages. Une dernière glace Diplom Is saupoudrée de chocolat puis c’est la Suède où c’est la moisson. Jolis paysages avec un littoral découpé et plein de petites îles. Baignades, pédalo (histoire de pédaler un peu). Si la Norvège est rock, la Suède est pop, plus douce plus facile. La dolce vita à la scandinave.

    En Suède on est classe, on part se baigner en peignoir mais on sait aussi être plus popu : profusion de voitures tunées par des ados sans permis mais bridées à 45 km/h. Les filles en redemandent de ces boîtes de nuit ambulantes. Ingmar Bergman ou Avicii choisissez vos références le grand écart est possible. Ici aussi il est théoriquement autorisé de camper où on veut mais il y a une profusion de panneaux qui nous rappelle que là, ou encore là, c’est interdit. Pas grave les campings sont nombreux et c’est en Suède déjà la fin de la saison. Ce soir on n’était que 3 campeurs à dormir ici, ambiance déjà rentrée des classes même s’il fait encore très chaud. Demain nous serons à Goteborg.

    Bergen

    Chez Brit et Frida à Sandvikväg

    Hävik et les copains Luxembourgeois à Haugesund.

    Melkevik

    Østhusvik : camping à la ferme et arrêt privé du ferry

    Randonnée au Preikestolen

    Stavanger et train de nuit-retour Oslo.

    Chez Jørgen et Renate.

    Au revoir la Norvège, les campings sauvages, Roald Amundsen, Diplom Is, on reviendra …

    Premiers km en Suède, lessive et pédalo à Strömstad.

    Grebbestad

    De Fjällbacka à Fiskebäckskil

    Entre Grönvik et Myggenäs

  • Le temps passe vite ! Déjà 3 mois ! On traîne un peu à vous donner des nouvelles alors que le lot des découvertes est toujours aussi soutenu. N’attendons pas d’avantage et rembobinons jusque-là où nous en étions au dernier épisode.

    Nous vous avions laissés au Danemark vers Farsø en pleine remontée vers le Nord. Cette fois-ci plutôt que suivre les voies recommandées on décide de faire la route « maison » en fonction de ce que nous inspire la carte. Bilan des courses le souvenir d’une expérience solitaire : pas un chat sur les routes, dans les bourgs, aux shelters ou dans les campings. Paysages de champs où le blé est toujours en herbe et ou le vent le fait onduler comme une houle.

    Un soir grosse tempête : rafales impressionnantes  à 70 km/h (35 noeuds) avec pluie. On attend au fond du sac de couchage sans réussir à dormir. Les filles, elles, écrasent. Dès les premières heures du jour démontage dans l’urgence. Constat sans appel : la tente est trempée, elle est percée, des sardines ont volé dans la nuit et sont perdues, les arceaux qui font la charpente sont sérieusement voilés. On décide de tenter de partir malgré le vent dans le nez qui reste fort : refus d’obstacle. Au bout d’une heure on fait demi tour pour revenir au point de départ. C’est  bien la première fois de notre vie qu’on va plus vite dans la montée-retour, poussés par le vent, que dans la descente-aller. Belle leçon d’humilité : « dans la vie on ne perd jamais, on réussit ou on apprend » disait Nelson Mandela.

    L’arrivée sur la côte Nord nous réjouit on voit du monde et changement de décor : maintenant les maisons, toujours en bois,  sont plutôt peintes en noir, de plein pied et complètement camouflées dans un paysage de dunes. Grandes baies qui laissent entrevoir des intérieurs cosy comme nous raconte les magazines de déco.

    On retrouve la mer et ça fait du bien. Un après-midi, entre Blokhus et Løkken, la route nous fait carrément rouler sur le sable le long du rivage et là, ça n’est pas à cause de nous qui recommençons à inventer la route. C’est une vraie option routière. D’ailleurs on croise de nombreuses voitures qui suivent le même chemin sur le sable. L’occasion peut-être d’expérimenter la fonction 4×4 des SUV.

    Original, entre 2 dunes types Sahara, on monte dans le phare de Rubjerg Knude. On aura vraiment vu pleins de paysages différents au Danemark.

    À Hirtshals, dernier stop Danois où nous prendrons le ferry pour la Norvège, on rencontre par hasard Angelo qui vit sur son vélo depuis 5 ans et a déjà fait 45000 km. Alors  le soir, les filles et nous  prenons une belle leçon de vie à écouter les conseils et anecdotes de ce vieux boucanier philosophe. L’année dernière Angelo a passé 11 mois en Islande à vélo, il y a donc traversé toutes les saisons !


    La vérité c’est que toute la famille est très impatiente d’arriver en Norvège car jamais pays ne nous aura été autant encensé depuis la préparation de ce voyage. Nous ne sommes pas les seuls cyclistes à être impatients sur le quai pour rentrer dans le bateau. Il y a aussi ceux que les filles ont pris l’habitude d’appeler « les gars du cap nord « . Ce sont des cyclo-voyageurs souvent seuls, avec des vélos de gravel impeccables, un paquetage minimal et une tenue fashion qui visent le nord de la Norvège depuis un peu partout en Europe et se retrouvent concentrés là. Des gars qui sont capables d’avaler plus de 150 km par jour et pour certains jusqu’à 200 ! Discussions amusantes et joyeuses mais qui rappelle le mariage de la carpe et du lapin. Petite pensée pour Arthur, si tu nous lis, on espère que tu as trouvé une solution et pu rejoindre le cap Nord malgré ta carte d’identité perdue.

    Arrivée donc à Larvik pour un démarrage tonitruant :  d’abord il fait super chaud ! Plus qu’au Danemark. Et surtout c’est très montagneux ce qui risque de nous obliger à faire des choix. On repense au Devon, les cuisses recommencent à chauffer mais ça devient une évidence : plus c’est dur plus c’est beau. Parce que, oui on confirme : qu’est-ce que c’est beau la Norvège. La nature est imposante et les Norvégiens aiment ça vivre en extérieur, ils passent leur temps à faire du sport dehors : rando, vélo, ski à roulettes…

    Ensuite les norvégiens qualifiés pour le mondial sont super sympas. On passe 2 nuits à Granholmen, sorte d’île de Bréhat géante avec des tas de petits cailloux sur lesquels sont parfois construits de petites maisons de bois qu’on appelle cabines. Le patron, amateur de foot, nous ouvre la cafétéria pour regarder le quart de final des bleus. Ici, les gens attendent avec impatience le match des Norvégiens et quand, quelques jours plus tard ils seront éliminés rien n’aura changé à leur bonhomie : on reste supporter dans les bons comme dans les mauvais moments.

    Joséphine : « Nous avons visité la maison de Munch (cabane jaune) où nous avons pu pique-niquer« .
    Au hasard d’une pause à Åsgårdstrand, on s’arrête, en effet, dans le jardin de la maison de Munch, rencontre intéressante avec une guide qui nous fait visiter la petite cabane où vivait une partie de l’année cet artiste original qui est célèbre pour son tableau Le Cri.

    La Norvège est un vrai pays de montagnards habitués aux conditions hostiles, les phares des voitures ne suffisent pas, souvent sont rajoutés des phares au milieu, pare-buffles et grosses motorisations plutôt électriques. Ici il n’y a plus de shelter, peu de Warmshower, quelques campings. Le camping sauvage est autorisé : on peut dormir légalement n’importe où à condition d’être à plus de 150 mètres d’une habitation ce qui n’est pas très dur à trouver. Nous voilà donc partis pour une série de campings sauvages jusqu’à Oslo où un Airbnb et les grands-parents nous attendent pour passer 8 jours avec nous. Baignade quotidienne.

    À Oslo on laisse les enfants pour passer 24 h en amoureux dans le monde de Julie en 12 chapitres.
    Visite du musée du Fram où on retrouve les traces de la conquête des pôles. On voit la méticulosité légendaire dans la préparation des expéditions d’Amundsen et comment finalement nous aussi on mène une petite expédition : bon d’accord on n’a pas de chien de traîneau et on ne part pas sur la banquise mais on est quand même 9 maintenant (avec les grands-parents) et on a 27 sacoches et sacs sur les vélos.

    L’escale d’Oslo passée nous prenons le train pour Haugastøl pour un périple en vélo dans les montagnes en passant par Finse, Hallingskeid puis Flåm. Cette piste, la Rallarvegen est réputée comme étant la plus jolie piste vélo de Norvège. Nous ne sommes vraiment pas déçus. Paysages de montagnes, de lacs et de glaciers avec neiges éternelles aux sommets. Un jour on en croise même (presque sur le chemin), et aussi des cascades menant à des lacs où l’eau est bleue comme dans La Reine des Neiges (il paraît que la région a inspiré les paysages du dessin-animé). Le soir, pour plus de confort pour les grands-parents on dort dans de jolis petits hôtels ainsi que dans un refuge de montagne. A Finse, dans les années 70 l’hôtel a accueilli toute l’équipe de Star Wars car c’est ici qu’ils ont tourné les scènes de combat dans la neige. C’était le temps des costumes, des décors et des effets spéciaux sans passer par l’ordinateur.

    Jeanne : « Enfin, on arrive à la fameuse descente finale de la Rallarvegen, descente avec des pentes à 35% et 21 virages en tête d’épingle. Mais, bien que nous choisissions nos chères bicyclettes, on a aussi la possibilité de prendre une énorme zipline (tyrolienne) pour la descendre. Certains optent aussi pour le mode montée. Good luck ! Arrivée à Flåm au fond du fjord Sognefjord, on reste deux jours au camping. On goute la fameuse glace saupoudrée de chocolat ».

    Raphaëlle : « Nous nous sommes aussi baignés dans un fjord. Mais arrivés dans l’eau nous étions mieux dehors que dedans. L’eau du fjord était très froide« .

    Les grands-parents partent, nous voilà replongés dans notre voyage.

    Visite d’Undredal : là, on rencontre une petite communauté de français qui habitent dans ce village niché entre les montagnes norvégiennes. Découverte du fameux fromage marron norvégien sorte de Dulce de Leche qu’on mange à tout moment de la journée. Le plus courant est de le déguster en fines tranches sur des crackers avec un peu de confiture. D’aspect original, on est finalement assez conquis par ce fromage qui ressemble à un gros pain de haschich. Maxime, un fort sympathique nantais qui tient le café d’Undredal, nous fait gouter ses délicieux cookies fabriqués avec le brunost. France : « c’est un fromage comme de la pâte à modeler« .

    La suite c’est un bateau qui nous amène maintenant à Bergen .

    Coup de vent à Farsø. Løgstør puis Rhødus, Nørre Lyngby, Løkken : forêts et dunes au Nord du Danemark

    Vélo sur la plage entre Rødhus et Nørre Lyngby

    Camouflage anti-tempête de sable au phare de Rubjerg

    Belle rencontre et bon moment : Angelo à Hirtshals

    Premiers jours en Norvège : Granholmen. Jean-Baptiste et son nouveau copain, le tenancier du camping.

    Åsgårdstrand et la maison de Munch

    Camping sauvage sur le terrain de foot de Sjøhagen

    Camping sauvage, baignade et pêche aux crabes à Breivoll

    Visites des grands parents à Oslo, Maxime se baigne dans le fjord d’Oslo (trop tentant…)

    Musée du Fram : Jeanne, Raphaëlle et Amundsen, Jojo et Shackleton, les filles et les explorateurs du pôle Sud

    Train Oslo-Haugastøl

    On embarque les grand-parents sur la Rallarvegen : J1 Haugastøl-Finse

    Rallarvegen J2 : Finse – Hallingskeid

    Rallarvegen J3 : Hallingskeid-Flåm

    Flåm et Undredal

  • Nous voici donc rentrés en Scandinavie par le royaume du Danemark et pour une entrée en la matière nous ne sommes pas déçus !

    La météo capricieuse des dernières semaines a laissé place à un temps d’abord juste ensoleillé pour carrément devenir un temps d’été ! On a beau savoir que ce n’est pas normal, pour nous  cyclistes ça change tout ! On a maintenant un beau bronzage avec les marques du cuissard et aux pieds avec les marques des birkenstocks. Ici finalement il n’y aura eu qu’une journée de grosse chaleur limitée à 31 degrés ce qui est loin de la canicule passée dans le reste de l’Europe.

    L’étape de quelques jours dans la maison de Bo et Agnete à Ullerup aura d’abord permis de recharger les batteries. Une maison danoise a des fenêtres qui s’ouvrent toujours vers l’extérieur et leur fermeture se fait avec un système de crochets à l’usage assez pratique. On a aussi souvent un mât dans le jardin où flotte le drapeau rouge et blanc ce qui nous interroge avec les enfants sur la notion de patriotisme : quelles seraient les réactions si nous décidions de faire pareil en France avec un drapeau tricolore ? Pourtant, l’autre soir devant le match France-Norvège les filles étaient bien contentes de narguer les autres spectateurs  tous norvégiens et en très nette supériorité numérique. Liberté Egalité Dembele.

    Cette fois-ci c’est Jeanne puis France à nouveau qui ont perdu des dents. Le scorbut guette la famille Dagorne ce qui est étonnant vu le volume astronomique de framboises, mûres, fraises et myrtilles qui sont mangées à tous les repas.

    Depuis notre arrivée au Danemark, du changement dans nos  habitudes de camping : le Shelter ! Les filles adorent mais il leur aura fallu et à nous aussi un petit temps d’adaptation. Comme dirait Jeanne : « on va pas se mentir, c’est crazy ! « .  Les Danois ont gardé de leurs ancêtres, les Vikings, un goût prononcé pour la vie en pleine nature, la chasse et les feux de camp. Le Shelter est une sorte de cabane en bois assez grande (on rentre tout juste à 7 dedans) mais complètement ouverte sur l’extérieur. Devant on trouve un emplacement pour faire du feu et une grille pour faire à manger. C’est gratuit, parfois payant mais jamais cher. Il y en a partout, ça se localise via une application dédiée comme un géocache et c’est vraiment sympa 😊. Ça n’a plus rien à voir avec le camping de vacances. Un peu comme une initiation au camping sauvage, ce qui est parfaitement ce qu’il nous fallait pour nous lancer. Parfois il y a de l’eau et dans ce cas pour les plus téméraires c’est douche avec des gourdes et casseroles d’eau froide au coin du feu. Parfois des toilettes sèches. C’est toujours isolé et souvent devant des paysages de nature bien jolis au coucher du soleil comme au réveil. Le rituel est maintenant bien rôdé, comme dans Dr Quinn avec Sully :  d’abord lancer le feu, installer les sacs de couchage, ranger les chevaux à deux roues, puis faire à manger et cuire la viande au barbecue sur le feu pour aller avec le repas. Parfois au dessert chamallows grillés qui ici sont beaucoup moins sucrés et se mangent fondus entre 2 petits gâteaux secs. Ensuite, quand les enfants sont couchés on veille un peu au coin du feu et c’est toujours très apaisant. Depuis qu’on est arrivés au Danemark on suit cette routine presque tous les soirs et c’est un ravissement.

    Niveau géographique on a vraiment vu des paysages plutôt variés et toujours assez vallonnés ce qui rend la balade plus intéressante mais aussi plus sportive. Dans le Fyn, il y a la mer partout (d’un bleu glace unique) donc des îles mais aussi des bois et des champs. Incroyable l’odeur de fraises quand on passe devant des parcelles, bien plus sympa que devant les champs de choux. Après avoir passé deux nuits sur l’île d’Aerø nous avons longé la côte sud du Fyn par Svendborg, Aborg et Middelfart. Puis on quitte le Fyn pour arriver dans le Jylland via un pont qui surplombe la rencontre de la mer Baltique et de la mer du Nord. Petit à petit la mer laisse place à la campagne à perte de vue. La remontée vers le Nord, que l’on suit en passant par Vejle, Billund (stop oblige à Legoland), Hampen, Viborg est tellement rustique et peu habitée qu’il faut bien réfléchir aux stops et aux supermarchés au risque de se retrouver à court de nourriture (ou alors il va falloir nous mettre à la chasse). Dans nos sacoches pour 7, il nous est difficile de transporter plus que 24h de repas. Depuis 2 soirs nous sommes à Farsø dans un camping où les propriétaires nous permettent de passer un moment Hygge, terme danois qui n’a pas de traduction française et qui signifie partager entre amis ou en famille un temps de bien-être et convivialité dans une atmosphère chaleureuse.

    Les Danois sont assez peu nombreux ce qui explique peut être leur fort attachement à la terre et la nature. Dans les maisons, on voit souvent des trophées de chasse, des animaux empaillés. A l’occasion d’un succulent dîner chez Barbara et Per on apprend qu’on peut chasser à l’arc (même un ours !) et comment les chevaux ont aussi leurs caractères, vivent ensemble et comment se passent les naissances. Tak ! ( ça veut dire merci ).

    Ce profond attachement à la nature et à la terre va aussi avec un fort attachement aux traditions : La Saint Hans (Saint Jean) est l’occasion pour les voisins de se rassembler autour d’un grand feu pour fêter le solstice d’été (tout est l’occasion de faire un feu au Danemark) et chanter une chanson. Aussi et ça nous aura suivi tous ces derniers jours, il faut raconter que les lycéens ici célèbrent l’équivalent du bac dès la sortie de la dernière épreuve (en fait un contrôle continu valide l’examen bien avant et cette épreuve est un oral) avec leurs familles en portant une curieuse casquette blanche brodée à leurs noms. Un peu comme une casquette d’officier de marine. La semaine qui suit (la semaine passée pour nous) toutes ces bandes circulent tout autour du Danemark dans des camions avec la musique à fond et ce qu’il faut de bière. Bien sûr il y a le chauffeur qui évite les accidents (un papa ou un grand-frère, on suppose). Alors on entend régulièrement les camions passer autour de nous pendant nos trajets à vélo. Ça met l’ambiance !

    Évidemment on retrouve au Danemark la générosité qui nous accompagne depuis le début de notre voyage. Certains Danois ont installé des shelters dans leur jardin pour accueillir et rencontrer des campeurs. C’est le cas d’Allan qui emmène Jean-Baptiste et Jeanne en voiture faire des courses avant que l’on reparte à vélo car il n’y a pas de supermarché sur notre route. Il y a aussi Henrik qui vient nous livrer et nous offrir gratuitement un matelas gonflable dans notre Shelter du jour quand ça fait 3 jours que Jean-Baptiste dort sur un matelas à plat… La solidarité entre campeurs est très forte.

    Une autre rencontre qui nous aura marqué est celle d’une famille française de Chantilly, venue comme nous à Legoland pour le bonheur de leurs enfants. Amélie, Matthieu et leurs 3 garçons voyagent à vélo avec le même vélo que nous, un pino. Quel bonheur d’échanger avec eux ! On ressort avec des bons conseils pour le chargement de nos sacoches sur notre pino. Plus de poids à l’avant, moins à l’arrière donc plus d’inertie et un centre de gravité plus bas. Le vélo n’avance pas encore tout seul mais presque… Et comme nous, ils n’ont pas encore trouvé la solution pour que leur garçon de 7 ans assis à l’avant aide au pédalage du parent à l’arrière qui désespère de faire avancer cette grosse Bertha solo…

    Traverser le Danemark à vélo nous aura peut-être aidé à mieux comprendre la production artistique de ce pays :  la musique lancinante et analogique d’Agnès Obel ou le cinéma du dogme. D’ailleurs on retrouve nos lycéens à la fin du film Drunk dont la chanson phare lançait de façon obsédante : what a life …. Quelle vie en effet !

    Ullerup chez Bo et Agnete

    Sur la route d’Aerø

    Aerø, Aerøskobing, Svendborg, Fäborg

    Crevaison

    Shelters et autres

    Legoland, Maxime chez Peppa, des Français en Pino

    Bamboche

  • Depuis Texel nous avons pu poursuivre notre périple dans les îles de la Frise en rejoignant Vlieland dans des conditions rocambolesques puisque c’est un bateau de pêche qui nous dépose sur un banc de sable sur l’île en face que nous remontons en poussant les vélos à coté des phoques.

    Après avoir passé ces quelques jours  de « vacances » dans le voyage nous sommes retournés sur le continent et c’est déjà l’heure des choix : continuer en suivant la côte ou couper pour rejoindre la Scandinavie ? Entre les 2, 200 km de différence, c’est à dire une semaine de vélo (nous concernant). La décision est prise, on va avancer pour rejoindre plus vite le Danemark en passant par les terres. Départ Harlingen donc, direction l’Allemagne pour une ligne droite de plusieurs dizaines  de km…. Mais le vent de travers et le pédalage le long de la voie rapide ont vite raison de notre motivation : à Leeuwarden on monte in extremis dans un train qui nous mène à la frontière avec l’Allemagne. Sans regret, il se met à pleuvoir pour tout l’après midi.

    Le lendemain nous entrons en Germany, 4 fois championne du monde. Ici tout est prêt les drapeaux flottent accrochés aux voitures. 

    Comme en Hollande, paysage de polders avec des pistes cyclables même si on se retrouve plus souvent sur des petites routes de campagne. 

    L’engagement de ce blog c’était de raconter la vraie vie de notre périple sans cacher les difficultés : le temps assez froid, la pluie et les nombreux nuages ne nous  auront pas aidé à profiter de ces paysages de champs plats avec éoliennes. 60, 63, 69 km par jour…. Nous multiplions les journées de pédalage intensives dans ces conditions difficiles. Souvent, le soir les derniers km sont laborieux, les jambes sont lourdes et les filles en ont marre. Raphaëlle appelle ces moments les 3F du malheur : « Froid, Faim, Fatigue« . 

    Non vraiment, le gros coup de cœur que nous aurons pu avoir pour l’Allemagne ce sera plutôt retrouvé dans les rencontres que nous aurons pu y faire. « Partout un ami » disait Kessel. Suzanne et Heiko qui découvrent Warmshower avec nous (leur fil ayant accepté notre demande et devant notre nombre  nous a redirigé vers chez ses parents), Suzanne et Klaus-Peter et leur chien Bruno dans leur ferme à Varel ou Dagmar et Andreas, qui nous voyant désemparés devant la maison de leurs voisins (qui nous avait fait faux-bon) nous ont accueillis chez eux. Ça devient un peu « J’irai dormir chez vous » notre truc.

    Ici, on petit déjeune copieux, salé pour le bonheur de Jeanne et Joséphine.  Beaucoup de céréales aussi ! C’est dingue la quantité de graines qu’on mange. Rarement des desserts et le soir quasi pas de dîner, juste un petit en cas vers 18h.

    L’Allemagne est vraiment un pays frère de la France et même si l’histoire de nos grands parents a pu être dramatique on a vraiment l’impression de souvent bien se comprendre et s’apprécier. Jorgen et Karen ont pu voyager à vélo avec leurs trois jeunes enfants et leur chien en 2018 : on reste 2 jours chez nos vieux nouveaux amis : on a tellement à se raconter. Les discussions tardent le soir quand les enfants sont couchés. Soirée pizza maison mémorable tout comme le café du matin.

    Puis c’est la remontée vers le Nord, une terre, qui il y a 2 siècles, était Danoise (jusque en 1864 le duché de Schleswig  et de l’Holstein étaient rattachés au royaume du Danemark). Le temps ne s’arrange pas mais on tient bon. Après une journée désastreuse concentrée en 3F du malheur et 52km on écourte notre pédalage allemand par un train entre Rendsburg et Flensburg. Un dernier Schnitzel à Flensburg dans une brasserie historique et nous voilà en Scandinavie. Ce soir c’est le premier match de la Mannschaft. Vous savez, comme disait Garry Lineker :  » le football, ce sport qui se joue à 11 contre 11 avec un ballon pendant 90 minutes, et à la fin, …. « 

    Transfert Texel-Vlieland

    Vlieland

    Allemagne : Westerstede chez Heiko et Suzanne, Varel dans une ferme, Oelixdorf chez Dagmar et Andreas …

    Allemagne : une famille comme nous à Bederkesa, la grisaille et la pluie toujours avec nous, un phare à Krautsand, fête du hareng à Gluckstäd, réparation à Jahrsdorf, brasserie à Flensbourg

    Arrivée au Danemark quelques km après Flensbourg

  • Cette semaine nous avons fêté notre 1000ème km 😀. De l’eau a coulé sous les ponts depuis notre départ du Tower Bridge jusqu’à nous amener ici à Texel, grande île de l’archipel de la Frise tout au Nord des Pays-Bas. Imaginez un campement complètement isolé  dans un polder sans aucun vis à vis autre que le phare à 20 km mais avec quand même tout le confort d’une maison moderne. Encore une énorme surprise que par hasard nous avons pu trouver (merci Ivo !). 

    Ici, un peu comme dans toutes les îles, le temps passe plus lentement, tout est apaisé. On voit partout les oiseaux migrateurs qui commencent à revenir de leurs vacances au soleil. Beaucoup de moutons aussi et des lapins. Les poules sont en liberté car pas de renard ni de taupe sur l’île. 

    Pour arriver jusqu’ici il nous a d’abord fallu remonter l’Angleterre à travers l’Essex. Le grand week-end férié nous a permis de profiter de routes désertes sous un soleil d’été. La fin de notre voyage en Angleterre aura été marquée par la rencontre avec Alison et Andy. Cécile a fait leur connaissance au magasin Hase Bike de Londres, ils y étaient venus pour essayer un pino. Il aura suffit qu’Oliver leur raconte notre histoire et une brève rencontre pour qu’ils nous invitent à séjourner chez eux lors de notre passage à Chelmsford, sur la route pour le ferry. Nous y sommes restés 2 nuits et avons apprécié les bons petits plats d’Alison, le confort de leur maison pour faire l’école, et surtout le sèche cheveux qu’Alison a proposé à Cécile pour son brushing ! Tous les deux grands lecteurs, Andy est un fin connaisseur d’histoire de marins et d’aventuriers d’Angleterre …. Jean-Baptiste est comme un enfant (d’ailleurs il faut absolument connaître la vie de Tom Crean, qui a à la fois participé à la malheureuse expédition de Scott mais était aussi sur l’Endurance de Shackelton sic !) 

    Harwitch : Un denier fish and chips et nous voilà partis  sur une mer du Nord plate et dans une température caniculaire. Porte-conteneurs et champs d’éoliennes off shore gigantesques ! 

    7 heures plus tard, voici la  Hollande, l’autre pays du fromage, un autre royaume aussi, où comme dit Maxime : «  les vélos c’est comme si c’était des voitures ». Depuis notre arrivée pas un km hors d’une piste cyclable. Pas un gravier sur les routes. Jeanne s’entraîne à faire du vélo en lâchant le guidon sur des km. Ici le vélo est culturel et on ne rigole pas avec ça : beaucoup de monde, il nous faut bien suivre les règles. C’est finalement là le danger : l’accident avec un autre deux roues ! Peu de Warmshower. Aux Pays-Bas, on se déplace mais finalement on voyage peu avec son vélo.

    Nous retiendrons Delft : sorte de mini Amsterdam, en mieux, avec ses rues pavées, des canaux et des petits ponts. Pas de touriste en masse. Des ados qui pianotent des sms en roulant, les coudes sur le guidon (pas besoin de frein, les vélos sont à pignon fixes). Des jolis petits couples où la jeune fille se promène en amazone sur le porte bagage avant de son amoureux… on a vu ça plein de fois !  

    Hans et Marina sont des amis que nous retrouvons. Ils habitent à 1h de route de Delft dans la direction opposée de notre trajet. Alors ils sont venus nous rejoindre pour partager une soirée. On est accueillis comme des rois avec des ballons pour fêter nos retrouvailles et de la confiture maison confectionnée par Marina ! Un moment super . 

    Puis c’est la remontée le long du rivage, Noordwijk, Zandvoort, Velsen… Sous le soleil, les dunes ici ont un faux air de notre sud-ouest sauf qu’au détour d’un virage on fait la rencontre de vaches écossaises en liberté (sorte d’énormes bisons). Puis Schoorl, chez Ivo, notre seul Warmshower Hollandais jusqu’à présent. Quel bonheur de retrouver cet accueil chaleureux, on discute, on échange, les filles font leur petit numéro sur le trampoline du jardin. On se sent bien et on apprend tellement de choses sur le pays.

    Nous comprenons que la météo et les reliefs  ne sont  pas les seuls paramètres à surveiller : le vent aussi ! L’expérience d’une journée dans les dunes vent de face nous limite à 30 km alors qu’on était sur du plat. Trois jours plus tard le vent dans le dos nous en faisons le double sans difficulté.

    Les Pays-Bas sont hyper branchés prévention :  à l’entrée des plages, distributeurs gratuits de crème solaire, et lundi dernier comme chaque premier lundi du mois à midi on a eu le droit, comme chaque propriétaire d’un téléphone portable, à un sms du ministère de la santé nous enjoignant à nous rapprocher d’eux si nous ressentions un quelconque problème médical.

    Côté cuisine, fromage bien sûr, hareng cru validé par les filles mais s’il est noyé dans des oignons crus et des cornichons émincés. On aime aussi les poffertjes (sorte de petites crêpes au sucre), chocolat Tonys et bien sûr la confiture de Marina !  

  • Visiter une mégalopole comme Londres en groupe n’est peut être pas la solution la plus simple surtout quand c’est avec des enfants de 3 à 12 ans qui ont chacun un rythme et des aspirations diverses. Il faut ménager chacun, départager les attentes, régler les conflits, faire l’école et entre tout ça tenter d’imposer un peu ce que papa et maman veulent aussi faire ! Finalement, un vrai exercice de parentalité cette étape Londonienne qui grâce ou à cause du petit Potter aura duré 1 semaine (on a pourtant pris nos billets à notre arrivée en Angleterre il y a 1 mois, mais que voulez-vous il est la star !). Oubliez Paddington, James Bond, Sherlock Holmes  et le roi Charles le cool ici c’est Harry (pas le prince).

    Nous avons donc séjourné à Dulwich pour la simple et bonne raison, que c’est là que se trouve le « Hase bike Shop« , marque de nos tandems sur lesquels nous avions quelques réparations à faire. Oliver (le propriétaire du magasin) nous avait conseillé le camping de Dulwich, très bon plan pour visiter Londres. Nous étions à seulement 10 minutes de transport en commun du centre de Londres et en même temps suffisamment loin du tumulte Londonien pour y retrouver de grands espaces verts mais aussi de magnifiques demeures. Nous avons eu la chance de bénéficier d’un logement en dur (l’avantage des voyages hors saison touristique … ) pour nous protéger de cette semaine de grisaille, de pluie et de froid, plus facile que sous la tente pour faire l’école.

    On a quand même pu montrer aux filles Big Ben, Westminster, Buckingham palace, la déco rococo égyptienne de Harrods, Covent Garden et bien sûr la colonne de Nelson (qui s’appelait Horatio ) sur Trafalgar square. En échange de quoi les filles ont pu nous expliquer ce qu’est du bubble tea et la différence immense qu’il y a entre Gryffondor et Serpentard. À ce jeu, on a trois expertes avec nous.

    Cette semaine, c’est France qui a perdu sa première dent dans une focaccia d’Ottolenghi. Encore une fois la fée est venue apporter, bien sûr, la livre qui bien sûr a terminé au musée de… vous savez qui.

    A noter : ne cherchez pas à pique-niquer dans un parc du quartier de Chelsea ils sont tous vides mais privatisés et donc inaccessibles aux non-résidents.

    Côté transports : vélo. Il y a beaucoup de pistes et sincèrement on ne s’est pas sentis en danger. Chouette de passer le Tower Bridge à 2 roues ou sous la Tamise à Greenwich par le tunnel piéton-vélo. Greenwich et son méridien, l’occasion d’ailleurs, d’une petite leçon de géographie.

    On a pas mal fait du train aussi, du bus (toujours à l’étage sur les fauteuils tout devant ) et du métro (où les fauteuils sont orientés le long de la rame à droite et à gauche). Pour tout ça on paye avec la oyster card, ce qui littéralement se traduit par carte huître. Que personne ne touche au bouton pour demander le passage au vert des piétons ou l’arrêt du bus à la station sinon Maxime saura vous rappeler à l’ordre dans un anglais qui a l’air bien compréhensible.

    On a testé les taxis Londoniens qui ont l’avantage de pouvoir contenir une famille de 7 personnes mais pour autant le bus et le vélo restent nos favoris.

    À la librairie française, on nous dit que la population des français fait de cette ville la 5eme plus grande ville de France. Pensées pour le temps de l’appel du 18 juin, où le même métro que l’on prend aujourd’hui servait d’abris contre les bombardements 

    Resterons comme des souvenirs forts, la Battersea station qui est un bel exemple d’architecture style britannique restaurée. Clin d’oeil à Pink Floyd . 

    Aussi grâce a notre ami Kaval on a pu faire une belle virée en zodiac sur les canaux de Camden. 

    Enfin, en mettant les vélos dans le train, la maison de Darwin à Downe, dans la grande banlieue de Londres, où il a pu vivre les 40 dernières années de sa vie avec sa femme (qui avait comme professeur Chopin) et ses 10 enfants. Etudiant avec eux la nature alentour et écrivant un livre qui, aujourd’hui, est considéré comme la base de la biologie contemporaine. 

    On en oublierait presque de vous parler d’Harry Potter et du musée que Warner Bros a consacré à ses adaptations au cinéma : et bien ça dure 3 h, ça fait crier les enfants de joie, ça les fait vous dire que vous êtes des parents supers alors que ça fait 4 jours que vous les grondez tout le temps bref c’est un truc sympa ! 

    Pour quitter Londres, il nous aura encore fallu 2 jours de vélo à travers les banlieues mais cette fois sous le soleil ! On a retrouvé avec joie le countryside après avoir traversé le Dagnam Park qui est une réserve naturelle protégée abritant des troupeaux entiers de biches et de cerfs.

  • Pour fêter notre premier mois de voyage nous sommes arrivés à London ! 

    Après notre séjour à Bath, la ville des voyages scolaires, où nous n’avons pas pris de bain mais appris beaucoup de choses sur les romains en Grande-Bretagne (et non ils n’étaient pas seulement autour de la Méditerranée et ici ils ont construit un véritable centre de thalasso) et découvert l’architecture de style géorgien avec des pierres de couleurs beiges qui donnent à la ville beaucoup de classe.

    Nous voilà donc partis pour la capitale à travers une Angleterre plus plate avec des tas de canaux, écluses, petits ponts et péniches. Les filles ont pu dépanner les marins d’eau douce en ouvrant et fermant pour eux les ponts. Le chemin que l’on suit est parfois assez étroit et il faut faire attention à ne pas tomber car France et Maxime sont attachées à l’avant de notre vélo et donc on imagine bien la catastrophe en cas de chute dans la rivière. 

    Les distances s’allongent, 45, 50 km deviennent des distances raisonnables pour une journée de vélo. Notre première étape après Bath est Chirton. Jonty nous accueille dans la maison de ses parents où il vit. Ses parents n’ont jamais voyagé à vélo mais Jonty, oui, et il mesure le bonheur d’une bonne nuit de sommeil en sécurité avec un accès à une douche chaude et une cuisine, c’est pourquoi il a réussi à les convaincre de s’inscrire sur Warmshower. Le jardin est en pleine campagne face à un champ de chevaux, très apaisant. Cette fois, les habitants de la maison sont absents, Jonty nous a indiqué comment trouver les clés et accéder à la maison. La solidarité et la confiance entre cyclovoyageurs n’a pas de limite.

    Sur le vélo on révise les tables de multiplications, on s’interroge sur les mots en anglais, on se raconte des histoires : qui étaient les Beatles ? qui était Diana ? 

    Je ne sais plus où on a lu que les voyages à vélo font  maigrir mais je n’ai pas l’impression que ça soit notre cas : les scones etc … pourtant depuis notre arrivée nous n’avons pas une fois mangé de frites ! Ici la diététicienne à la mode (Emily Englih ) dit « No restriction but moderation ». Disons que le vélo creuse l’appétit : on compte jusqu’à 700 g de pâte par soir alors qu’à la maison 350 g suffisent largement.

    Grace à Raphaëlle on a appris que la petite souris passait aussi en Angleterre. Ici ce n’est pas une souris mais une fée.

    La nature est toujours aussi belle, beaucoup d’écureuils, d’oies, de lapins, de cygnes, de hérons, de faisans. On a même croisé une famille de biches ! Les canards font des atterrissages d’enfer à la surface des rivières.

    À Newbury, où nous sommes restés deux nuits, on a réussi à rentrer dans le parc du château d’Highclere ou à été tournée la série Downton Abbey.  Ce jour-là, le château, qui est détenu par la famille Carnarvon depuis des générations, n’était pas ouvert au public car un « private event » y avait lieu. On découvre le monde intriguant et inaccessible des Lords et des Ladies. On traverse le parc du château qui est un immense écrin de verdure extrêmement bien entretenu avec des moutons partout. Le parc du château de Versailles paraît presque petit à côté … Une habitante du village d’Highclere nous raconte que Lady Carnarvon est une charmante dame, que la famille vit essentiellement de la série, d’agriculture, de visites du château … Lady Carnarvon écrit aussi des livres et alimente les réseaux sociaux. Ce monde nous interroge, à quoi ressemble leur vie ? Les filles nous demandent face à Buckingham Palace quelques jours plus tard : est-ce que tu crois qu’on va voir le roi sortir ? que font-ils dans le palais toute la journée ? On aurait envie de se fondre dans ce monde mais seulement pour quelques jours, juste pour voir. On a le sentiment d’être beaucoup plus libres finalement.

    Notre premier contact avec Londres sera la Tamise que nous croisons à Henley-on-Thames où David vient à notre rencontre pour partager les derniers km de la journée et nous guider vers la maison de ses parents. Ici, à quelques maisons, Amy Winehouse a enregistré Back to Black. Georges Harrisson habitait ici aussi, tout comme Liam Gallagher pas très loin non plus. C’est aussi ça l’Angleterre : le Devon de Pj Harvey, Bristol et Massive Attack, Portishead. The XX. La vie dans les parcs des anglais que Damon Albarn chante dans Parklife. Toute cette musique anglaise qui m’a façonné adolescent était bien humaine ici, faite par des vrais gens qui ont grandi ici, raconté leurs vies d’ici… du coup les anglais ont je trouve un rapport assez familier avec tous ces artistes. Pas d’exotisme …. Boys next street, girls next door. 

    Visite ensuite de Windsor, où on passe 2 jours chez Mike qui nous accueille comme des rois, fait la cuisine et attend tardivement et patiemment de pouvoir manger entre adultes le soir une fois les filles couchées. Mike vient de Liverpool et ça ne s’invente pas : on est avec lui pour fêter ses 64 ans !  Windsor c’est le château évidemment et la relève de la garde mais aussi The Long Walk, Eton college où ont étudié les Princes William et Harry. Collège exclusivement de garçons qui se baladent en ville avec un uniforme en queue de pie et gros noeud papillon. On est encore dans un autre monde. On y croise une française des Alpes qui est arrivée en septembre pour y enseigner notre langue, elle nous raconte que parmi ses élèves il y a des comtes, un baron, des princes de plusieurs nationalités mais aussi des étudiants boursiers. Tout le monde est sur le même pied d’égalité (50 000 euros l’année quand même) c’est le but de l’uniforme, les étudiants sont très respectueux des enseignants et gentils avec nous quand nous les interrogeons.

    Arriver à Londres à vélo ça commence 2 jours avant. Depuis Henley on entend les avions de l’aéroport d’Heathrow à longueur de journée, on mesure d’ailleurs l’impact énorme d’un aéroport international, de l’autre côté de Londres à 70km d’Henley, on les entend toujours. Après Windsor, il en est terminé de la campagne, on traverse des km de banlieues, d’abord sans intérêt à longer des 2×3 voies avec des voitures, des feux et des croisements par milliers. Puis arrivent les banlieues chiques avec des maisons cossues à l’entrée de Londres et enfin le centre de Londres avec de vraies pistes cyclables bien aménagées. On pose nos sacoches pour presque une semaine (on attend notre tour pour la visite des studios Harry Potter) à Dulwich au sud de Londres où les renards envahissent la ville.

    Pour nous l’arrivée à Londres sera une arrivée musclée sous la grêle, la pluie, le vent et le froid. Rude et rock comme London Calling des Clash ….mais  Here comes the sun, disaient les Beatles, it’s all right …. 

     

  • Nous vous avions laissés à Clyst St Mary où nous venions d’arriver chez Emily pour quelques jours de repos et d’école. L’occasion d’arrêter la vie nomade, complètement défaire les sacoches, se poser. Pas évident, car à 7 on prend de la place ! Ralph, le chien d’Emily, est un peu déconcerté par cette marée de candidates qui se bagarrent pour aller le promener. A moins de 5 km de Clyst St Mary, se trouve Topsham, très joli village au bord de la rivière Exe, que nous connaissons bien car c’est là que vivent les parents d’Emily, Sandy & Anthony. Tony et son flegme légendaire. Le même que celui qui faisait dire à Stanley : « Docteur Livingstone je présume ?». Passer du temps comme ça dans un pays, c’est aussi sentir généralement certains aspects de la société. C’est vrai qu’il  y a du comique et de l’autodérision ici. Le pub en face de chez Emily titre en façade : « le meilleur pub avec un jardin du village  » (c’est le seul pub du village).

    Jeudi 30 avril, il est temps de repartir, toujours une mission de réussir à regrouper toutes les affaires et toutes les filles sans y passer pour autant la journée … car mine de rien il y a aussi des km à faire. Michael, d’Ashburton nous voyant œuvrer en ce sens a décrit cette scène par : « Herding cats », rassembler des chats. Le Cambridge Dictionary traduit cette expression anglaise par : décrit quelque chose d’extrêmement difficile à faire

    Nous quittons donc le Devon pour le Somerset, il y a de moins en moins de côtes. Mais pour autant, il ne fallait pas que ça soit trop facile alors d’autres péripéties nous attendent. Le premier jour, quelques km avant notre arrivée à Meadow Farm (entre Willand et Wellington), la roue arrière du vélo de Jean-Baptiste crève. Paul et Annie décident alors de nous rejoindre en voiture pour alléger le vélo et assurer les derniers km avant de pouvoir faire une vraie réparation.

    Le lendemain, nous arrivons à Taunton où Josh, le réparateur de vélo, nous fait passer en priorité pour ne pas retarder notre étape du jour et réparer les roulements de la roue arrière.

    Le troisième jour, nous réalisons les 20 derniers km sous la pluie, journée difficile. Au détour d’un chemin trop étroit qui longe un petit canal, Joséphine loupe un virage et tombe dans la rivière : vélo à moitié dans l’eau, le pied aussi. De toute façon on est déjà complètement trempés. A peine arrivés, dégoulinants et dans les pleurs chez Lucy et Bryan à Catcott, nos vêtements sont déjà étendus sur des cintres au dessus du poêle dans la cuisine et un chocolat brûlant est servi aux filles. Les sourires reviennent vites.

    On pourrait comme ça multiplier les anecdotes qui toutes sont de vrais bons moments d’échange et de générosi-thé. Je pense à la confiture d’Annie qui nous suit encore, à Michael et son chien Merlot et aussi Tom et Cherry de Wells avec qui on a passé une soirée délicieuse, nos enfants accroupis dans la cuisine pour manger car il n’y avait plus assez de chaise. Ils nous racontent cette année au cours de laquelle ils sont partis de Singapour en tandem pour rentrer en Angleterre. Le lendemain matin, Thomas dépose en voiture nos sacoches au sommet de la colline qui se trouve à 4 km de chez eux pour nous permettre de monter plus légers !

    C’est vrai que lorsqu’on arrive chez tous ces gens qui nous accueillent, très vite on parle de « french invasion ». Notre famille est grande, on prend de la place dans les jardins avec nos deux tentes, dans les cuisines où souvent la table est trop petite pour tous nous asseoir. On est touchés par tous ces gens qui nous ouvrent grand leur porte et sont prêts à tout pour nous aider.

    En vélo on avance lentement, les arrivées se gagnent : au détour d’un virage, au sommet d’une colline  on voit au loin le cloché d’un village ou les maisons d’une ville qui seront notre stop et c’est toujours avec fierté qu’on arrive le soir. On pense à Wells, la plus petite ville d’Angleterre, où se dresse d’un coup une énorme cathédrale au milieu du vert. Hier on est arrivés à Bath après avoir suivi une ancienne voie ferrée reconvertie en piste cyclable. Nombreux écureuils sur la route qui comme les fleurs à souffler (pissenlits) font le bonheur de France et Maxime. Incroyable final par un tunnel de 2 km dans le noir total ! Les filles sont surexcitées. Ici déjà les romains prenaient des bains dans les sources chaudes naturelles. Will we take a bath in Bath ?

  • Nous sommes arrivés à Plymouth le lundi 20 avril au soir. Une journée d’acclimatation, de lessive et d’école et c’est parti pour notre aventure au pays de Shakespeare et de Dua Lipa. Une première semaine à travers le Devon comme un enchantement : petites routes de campagne sous le soleil,  paysages de cartes postales avec grandes prairies vallonnées parsemées de moutons, régulièrement petits manoirs ou cottages cossus super bien entretenus comme dans Raison et Sentiments, on se croit dans le monde de Jane Austen. On n’avance pas vite, justement parce que dans le Devon ce n’est jamais plat, jamais des grosses montées ni des grosses descentes mais toujours quelque chose. Comme pour les cottages, les filles jouent à donner des petits sobriquets aux montées : on a la côte « routale » (route partagée avec des voiture), la côte sandwich (quand les parents vous promettent le pique nique en haut de la côte), la côte inutile (lorsque la descente qui suit équivaut à la montée qui vient d’être faite), et bien sûr la côte de la mort qui à la fin s’appelle la côte de la mort qui tue. Nous avons aussi la descente frisquette (celle qui donne froid parce que ça va trop vite). Ça joue pas mal des vitesses et ça déraille aussi . Quand les montées sont trop hard il faut pousser les vélos à plusieurs, à pieds (celles-ci se prénomment la côte manuelle) et là ça râle, mais beaucoup moins qu’au début du voyage. Les filles s’adaptent très bien à ces nouvelles contraintes. Dans l’ensemble on fait des sorties de 20-25 km par jour car ces côtes que nous devons monter à pieds ralentissent le rythme.

    C’est marrant, car au final nous ne sommes pas si loin de la Bretagne, climat et nature sont assez similaires et pourtant ici tout est différent : on roule à gauche, on compte en miles, on paye en livre sterling, des supermarchés organisés complètement différemment pour vendre bien sûr des trucs différents, il ne faut pas oublier d’allumer l’interrupteur en face de la prise si on veut que ça marche… Comme dans un thé, lentement, on infuse ce nouveau style de vie et par le voyage en vélo ça se fait tranquillement mais au coeur du sujet. Le porridge débarque au petit déjeuner et Maxime (il n’y a qu’elle !) apprécie les fruits en gelée. Il faut absolument parler de Warmshowers car cette application nous a permis de faire des supers rencontres : le principe est simple, cette application met en relation des cyclovoyageurs, on localise sur l’application un membre sur notre route, on se présente et on lui demande s’il est possible de poser notre tente dans son jardin et si on peut utiliser les toilettes et prendre une douche chaude évidemment ! Merci donc à tous ces bons samaritains qui nous ont ouvert la porte de chez eux. Très souvent, on nous offre bien plus, un dîner tout prêt, un petit dej le lendemain et même une fois une balade en voiture au coucher du soleil au sommet du Dartmoor, ce magnifique parc national montagneux que nous n’aurions pas pu monter à vélo avec notre troupe. Mais encore donner des conseils et aider à réparer la béquille d’un des tandems ! Une opportunité extraordinaire de  voir comment les anglais vivent chez eux et comment ce qui nous semble saugrenu à priori, est en fait bien sensé. Bon, on n’a toujours pas compris pourquoi il y a une bassine énorme qui occupe toute la place de l’évier de la cuisine… En tous cas c’est certain que lorsqu’on sera rentrés chez nous, notre maison sera the place to be a « Warmshowers ».

    Après Plymouth, nous avons donc fait plusieurs étapes : Ivybridge, Ashburton 2 nuits, Heathfield puis Clyst St Mary chez Emily, la plus francophone et francophile des anglaises que Cécile connaît depuis ses 12 ans. Quelques jours de repos et nous repartirons pour Londres !

    Enfin, n’oublions pas les belles richesses culinaires de l’Angleterre : flapjacks, cheesecake, banoffee pie, scones, jacket potatoes, goulash, beans dans une sauce tomate sucrée… D’ailleurs on se demande si nos km à vélo suffisent à consommer l’énergie de toutes ces généreuses gourmandises anglaises.

  •  Audin, que nous avons pu rencontrer à Quimperlé nous l’avait bien dit : il vous faudra 1 semaine pour vous acclimater et dans 1 mois vous serez bien ! Il n’avait pas tort : il nous faut trouver une meilleure condition physique ( les filles sont plus rapides que nous), retrouver nos automatismes de camping  (dans quelle sacoche range-t-on le jet boil ?  Où on range le linge sale des filles ?), apprendre à vivre rustique (plusieurs matins le thermomètre affichait 5 degrés et un matin il était même à -1). Alors, il faut se lever, s’habiller dans le froid (on souffle de la buée) et faire le biberon.

    C’est sûr qu’à ce petit jeu là l’expérience des dernières années de camping à vélo nous aide beaucoup et dans cette logistique on trouve quand même notre compte de bons moments : petit dej avec les premiers rayons de soleil sur le camping vide de Carhaix (ce n’est pas la saison, alors tout les campings sont quasi vides ), pique nique  à l’aire de jeu de la gare de Scrignac , douche chaude après une journée de vélo tout en montée à Morlaix (ça ne monte pas fort certes mais ça ne s’arrête jamais ! à en devenir fou). Jolis  paysages de l’argoat ou les pommiers sont en fleurs. Le sacre du printemps.  Tout est vert et la végétation domine les chemins que les hommes n’ont pas eu le temps de réduire.

    La Bretagne du centre est clairement plus déserte et le chemin de fer qu’on a créé pour tenter de la désenclaver n’a pas fonctionné. Le réseau ferré breton n’aura duré que 35 ans finalement : il nous laisse des pistes très praticables, sans voiture et bucoliques. 

    On pédale aussi un peu dans le passé : celui du temps où on payait en francs, on voit passer des enseignes où le téléphone indiqué se compose en 6 chiffres : coiffure Le Bihan 34 56 76. À Gourin, vidéo futur propose une offre intéressante : location vhs à 12 Francs par jour .

    Une vraie nouveauté par contre c’est l’école : les supports sont supers mais il faut apprendre à expliquer, à  jongler entre les enfants. Heureusement, les grandes nous aident en nous donnant des conseils sur la méthode à suivre. En tous, cas pour le moment c’est un plaisir de les voir comprendre des notions nouvelles avec nous. Oh c’est écrit « Amine ! ». Oh c’est écrit « route » ! 

    Un première semaine d’aventure  se termine donc. Dans les grandes lignes nous sommes passés par Le Pouldu, puis Quimperlé (petites étapes de 15-16 km pour se mettre en jambe). Ensuite, la gare de Guiscriff, puis Carhaix où nous avons dormi 2 nuits pour faire un peu de lessive et d’école, puis Morlaix (dure et longue journée de montées en pente douce). Après, direction St Pol de Léon, on s’attendait à 24km tranquilles sur une belle Eurovélo, finalement une déviation à cause d’un pont en travaux nous a rajouté 15 km à l’itinéraire en pleine campagne en mode montagnes russes avec le vent dans le nez en prime… Arrivés à St Pol à 19H20 sur les rotules … Notre dernière étape française sera Roscoff avec 7 petits km avant de prendre le ferry. Les paysages de Bretagne Nord sont magnifiques mais se méritent.

    Cette première semaine aura donc été riche en émotions, des bons moments de retour à la nature, d’école avec les enfants, de pique-niques et petits dej dehors … mais aussi les premières galères (des cotes, du vent, du froid …). Mais très souvent après une bonne nuit de sommeil au chaud dans notre sac de couchage, le lendemain on a qu’une envie c’est repartir et continuer l’aventure. Rien de tel qu’une bonne nuit de sommeil pour remonter le moral des troupes.

    Hier, nous avons pris le ferry pour l’Angleterre, au revoir la France, de nouvelles aventures nous attendent de l’autre côté de la Manche…